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Le finish de l’exposition «El Intadj wa el intadjia», de l’artiste plasticien El Moustach, a été clôturé samedi à l’espace culturel «Le Sous-Marin», fraîchement ouvert à Alger.
Le Sous-Marin est un nouvel espace culturel, aboutissement d’une initiative citoyenne et d’une belle implication aussi bien personnelle, artistique que financière d’acteurs issus de différents domaines. Inauguré le 31 décembre dernier avec le vernissage de l’exposition «El intadj wa el intadjia» d’El Moustach, un artiste-phénomène qui s’est fait connaître sur les réseaux sociaux avec un pop’art typique, «Le Sous-Marin» a organisé samedi un après-midi artistique pour clôturer en beauté ce premier événement totalement réussi. De la poésie vernaculaire avec Abdelmadjid Arab, de la prose romantico-subversive avec Mustapha Benfodil, de la musique instrumentale chaâbie avec les frères Bouchakour, etc. ont ponctué ce finish de l’exposition qui regroupe une centaine d’œuvres aussi originales que politiquement grinçantes. El Moustach a commencé à sévir sur les réseaux sociaux où les internautes algériens ont découvert des graphismes et autres œuvres picturales d’un anticonformisme détonant. Proches du pop’art, les images de cet artistes atypique gardent néanmoins une certaine distance avec ce mouvement en arborant une stylistique propre et inclassable. Basée sur la récupération et la transfiguration d’images connues, la démarche d’El Moustach s’articule autour d’un double enjeu d’aller vers le plus grand nombre à travers l’utilisation d’iconographie familière et de distiller un propos politique et social subversif. 
Matoub jouant sur sa musique sur une kalachnikov au lieu d’un mandole, Chakib Khelil sifflant une canette de Sonatrach en fredonnant : «Gerga3 ou guella3» (Avale et fuis), Saïd Bouteflika dissimulé derrière un drapeau ou mâchouillant une pile morte, Che Guevara vêtu d’un shanghai et d’une chéchia, Athmane Ariouet déguisé en Che, etc. Mais aussi des hommages émouvants à des figures politiques et culturelles algériennes à l’instar de Amar Zahi, Boudiaf, les six membres fondateurs du FLN, Tahar Djaout, le militant écologiste Amar Adjili, etc. P
rès d’une centaine d’œuvres sertissent les murs du «Sous-Marin» situé au siège du MDS à Télémly et initié par le militant associatif Kader Farès Affak qui explique ainsi l’esprit du lieu : «Il s’agit d’un espace que les artistes et les citoyens doivent s’approprier non pas comme un lieu culturel fermé ou conventionnel mais comme un service public aspirant à désenclaver l’art et à impliquer l’Algérien lambda». 
Doté d’une galerie, d’un café littéraire, d’une salle de projection et d’une mini-scène musicale, «Le Sous-Marin» a drainé, dès son premier happening, un nombre impressionnant de visiteurs dont la plupart sont âgés de moins de 30 ans.
Ils sont venus écouter la poésie populaire de Abdelmadjid Arab qui tangue entre chants d’amour et satire politique, des extraits du prochain roman de Mustapha Benfodil toujours aussi corrosif et drôle, des morceaux de reprises instrumentales chaâbies des frères Bouchakour à la guitare et à la flûte, le rap engagé et acerbe du groupe MDS, etc.
A signaler que le «Sous-Marin» concocte également un programme artistique et littéraire prochainement à l’occasion du Nouvel An berbère Yennayer.
S. H.

Tag(s) : #Vie Culturelle

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