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Lorsqu’il n’est pas directement impliqué dans l’éclatement de ces scandales, le gouvernement fait montre d’une incapacité criante de réaction, voire d’une impuissance systématique à y faire face.  

Le gouvernement ne semble plus tenir un cap précis. Depuis plusieurs mois, il s’enlise dans des tâtonnements qui, pour le moins, érodent son crédit. Après avoir renoncé sans autre forme d’explication à la réforme du baccalauréat, présentée pourtant comme une option résolument engagée, voilà que, confronté à un mouvement de protestation de lycéens et de collégiens, circonscrit à trois wilayas, il s’empresse de rectifier au pied levé le calendrier des vacances scolaires.
On comprend que par cette décision hâtive, le gouvernement a résolu de renvoyer les écoliers chez eux et, de la sorte, ils ne pourront maintenir la protesta. Une protesta dont il appréhende qu’elle fasse tache d’huile. Surtout que dès janvier, avec l’entrée en vigueur de la loi de finances 2017, il y aurait plus d’un motif pour le mécontentement social, tant est que les taxes et autres impôts impacteront négativement sur le pouvoir d’achat des ménages. Il s’était déjà illustré dans une posture quasi similaire lorsqu’il lui fallait gérer le dossier relatif à la réforme du régime de la retraite. L’Exécutif, qui s’était déclaré déterminé à ne pas céder aux grèves cycliques des syndicats autonomes de la Fonction publique, a fini, en dernier ressort, par lâcher du lest. Sur un amendement verbal introduit en plénière de l’Assemblée populaire nationale (APN) par Mohamed El-Ghazi, le départ à la retraite sans condition d’âge est prolongé de deux années et bénéficiera aux salariés âgés de 58 ans et plus en 2017. Mais qu’est-ce qui fait que le gouvernement soit devenu ainsi moins retors dans sa gestion des conflits sociaux ? Plusieurs contingences l’ont contraint à cela. D’abord, la difficulté économique. Ce n’est un secret pour personne, le gouvernement n’a plus les moyens de sa politique antérieure. L’argent, qui lui permettait d’acheter la paix sociale, là où il n’est pas possible ou tout simplement risqué d’user de la matraque, est venu à manquer. Un amenuisement de la finance qui a fait que même les clientèles vouées au rôle de soupape rechignent à contribuer à l’effort de paix sociale. Cependant, quoique réalité tangible, la crise financière n’est pas le seul facteur qui pousse le gouvernement à faire dans une telle improvisation. D’entre les autres éléments qui interagissent pour façonner au gouvernement d’Abdelmalek Sellal l’image d’un Exécutif qui navigue à vue, il y a l’absence manifeste d’une autorité politique pour faire les recadrages nécessaires, voire sanctionner, au besoin. C’est ainsi que le scandale des Panama Papers est passé sans gêner le moins du monde le ministre de l’Industrie, Abdeslam Bouchouareb, cité, pourtant, comme titulaire de comptes offshore. Le ministre s’était, rappelons-le, fait offense au Parlement devant lequel, il affirma qu’il s’expliquerait dans un rapport au président de la République. On ne sait ce qu’il est advenu depuis s’agissant de ce rapport. Ce que l’on sait, c’est que le ministre est toujours en poste. Et dès lors que cela est passé sans coup férir, pourquoi un ministre de la Santé se sentirait-il inquiété pour une publicité mensongère ? Abdelmalek Boudiaf, qui s’est investi personnellement dans la promotion du prétendu complément alimentaire, le fameux RHB, attestant également de l’expertise, de la probité et de la compétence scientifique de sieur Toufik Zaïbet qui s’est avéré être un imposteur, est toujours en poste.
Ailleurs, en pareille situation, la démission, car sinon le renvoi, est inévitable. Mais pourquoi le gouvernement ne s’accommoderait-il pas d’une pareille situation, alors qu’il semble accuser sans mot dire l’affront qu’il a subi à l’inauguration du Forum africain d’investissements et d’affaires lorsque, osant l’entorse au protocole convenu, le chef du Forum des chefs d’entreprise (FCE), Ali Haddad, est intervenu avant le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra.
Un fait qui tend à donner raison à la secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, qui n’a de cesse d’alerter sur l’oligarchie qui s’est rendue maître de la décision politique.  


Sofiane Aït Iflis

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