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20:10  mardi 20 décembre 2016 | Par Mallak Ayache et Nacereddine Benkharef | Actualité )

Les responsables des syndicats de l’éducation nationale et l’organisation des parents d’élève déplorent les décisions « individuelles » et « irréfléchies » prises par la ministre de l’Éducation nationale après l’annonce par Nouria Benghabrit d’un nouveau recul sur les vacances scolaires.

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Pour Messoud Boudiba, porte-parole du Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest), cette nouvelle volte-face de Mme Benghabrit ne fera que dégrader davantage l’image de l’Éducation nationale. « À chaque fois que Madame la ministre revient sur une décision, c’est que cette décision n’était pas bien étudiée depuis le départ. Cela donne une très mauvaise image du secteur », se désole-t-il.

Une position partagée par le chargé de communication du Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (SNPAP- fédération de l’éducation), Nabil Ferguani. « Pour le SNAPAP, c’est une décision irréfléchie. À chaque fois que Madame la ministre prend une décision, elle recule. C’est elle qui a ouvert une brèche aux élèves. Elle cède toujours à leurs revendications. Si elle continue comme ça, elle n’ira pas loin dans ses réformes. Elle doit être mal entourée ou mal conseillée. Le système éducatif, à l’image du pays, est aujourd’hui en faillite », dénonce-t-il.

Même son de cloche chez le secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA), Idir Achour. Pour lui, il existe un vrai problème dans la prise de décision au niveau du ministère. « C’est une décision (le recul, NDLR) qu’il fallait prendre depuis longtemps. La décision en elle-même est la bienvenue. Ce qui est malheureux, c’est le retard causé pour la prise de cette décision parce que tout le monde a dénoncé la réduction des vacances scolaires. C’est malheureux qu’on fonctionne toujours sous pression. Le problème est dans la manière de prendre les décisions. Dans le fond, les cadres du ministère de l’Éducation font de la concertation pour n’écouter personne et prendre leur propre décision… », déplore-t-il.

 

L’organisation des parents d’élèves réclame la tête de Benghabrit

De son côté, le président de l’Organisation nationale des parents d’élèves, Ali Benzina, a dénoncé « les décisions individuelles » prises par la ministre sans avoir recours à « des consultations » préalables avec « les partenaires sociaux » du secteur, en l’occurrence les syndicats de l’Éducation et les associations des parents d’élèves.

« Depuis sa désignation à la tête du ministère de l’Éducation, le secteur connaît des problèmes innombrables et graves mais elle ne veut pas bouger de son poste. Il y a un mois et demi, elle a fait machine arrière concernant la durée des épreuves du baccalauréat qui a été raccourcie de 5 à 3 jours. Aujourd’hui, elle fait la même chose avec le calendrier des vacances, passant de dix à dix-huit jours de vacances ! », tonne-t-il.

« Ce qui nous importe actuellement en tant que parents d’élèves, du moment que nos enfants sont en vacances à partir d’aujourd’hui, c’est la remise des bulletins de notes. Quand est ce qu’on va leur donner leurs bulletins ? », s’interroge-t-il. Avant d’ajouter : « Nos enfants bénéficiaient de cours de soutien durant les vacances d’hiver et de printemps. Cette fois-ci ils ne pourront pas les suivre parce que les listes des élèves bénéficiaires n’ont pas été faites ».

Pour M. Benzina, la situation est « dangereuse » dans le secteur de l’Éducation nationale. « Le problème de l’éducation n’est ni pédagogique ni un problème de syndicats ou de parents d’élèves. Le problème concerne l’argent (le budget) alloué au ministère. Il n’est pas investi là où il le faut. Au lieu de s’atteler sur la réduction des délais des vacances, le ministère devrait plutôt s’occuper des infrastructures scolaires, du transport scolaire, de la santé scolaire, de la pénurie des livres scolaires et du manque des enseignants dans la plupart des wilayas surtout ceux des langues », détaille-t-il.

Dans ce contexte, il appelle les autorités suprêmes du pays à intervenir pour assainir le secteur. « On n’arrive pas à comprendre cette ministre. Chaque jour qui passe le secteur de l’éducation se détériore. Il faut que le président de la République ou le premier ministre interviennent pour restructurer ce secteur », interpelle-t-il.

« Il y a eu des protestations des élèves à Boumerdes, à Alger, Batna, Biskra, Constantine, Sétif, Annaba, Skikda, Bejaia, Blida, Oran et Tiaret. Et Elle (la ministre) dit qu’il n’y a rien. En tant qu’organisation de parents d’élèves, nous ne sommes pas contre sa personne, mais depuis qu’elle est venue elle n’a rien fait de bon. Il faut qu’elle démissionne ou qu’elle soit limogée », conclut-il.

Tag(s) : #Vie Culturelle, #Vie Educative

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