Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 
 
 
 

Le Washington Post a rencontré Paul Horner, 38 ans, qui depuis plusieurs années gagne sa vie en créant des sites remplis de faux contenus qui inondent les réseaux sociaux. Il en possède au moins dix.

Ces derniers mois, ses faux articles sont apparus comme des actualités sur Google. S’il soutient que ses contenus sont humoristes (de la « satire »), ils sont pris au sérieux, y compris par le fils de Donald Trump ou son directeur de campagne, et tout cela a pris une nouvelle tournure durant la campagne... Si bien que Paul Horner croit avoir aidé le républicain dans sa campagne, alors qu’il « le déteste ». Extraits de son interview :

« Honnêtement, les gens sont vraiment plus bêtes. [...] Personne ne vérifient plus rien – c’est comme cela que Trump a été élu. Il disait ce qu’il voulait, et les gens le croyaient, et quand les choses qu’ils disaient s’avéraient fausses, les gens s’en foutaient car ils l’avaient déjà accepté. C’est vraiment effrayant. Je n’ai jamais rien vu de pareil. [...]

Mes sites étaient tout le temps cités par les sympathisants de Trump. Je crois que Trump est à la Maison blanche à cause de moi. Ses sympathisants ne vérifient plus rien – ils publient tout, croient tout. »

Pourquoi n’a-t-il pas tout arrêté ?

Paul Horner dit avoir écrit et publié des choses folles sur Trump et que les internautes le croyaient. « J’ai écrit beaucoup de trucs fous anti-musulmans – comme quoi Trump voulaient leur mettre des badges, ou ne plus les autoriser à aller dans les aéroports [...] – et les gens étaient d’accord avec ça ! »

Pourquoi n’a-t-il pas tout arrêté ?

« Parce que je ne pensais pas qu’il était possible qu’il soit élu président. Je pensais juste mettre le bazar dans la campagne [...] »

Paul Horner dit que son business lui rapporte en ce moment 10 000 dollars par mois (environ 9 400 euros), via la régie publicitaire de Google (Adsense).

Blâmé Facebook pour tout un système

Au lendemain de la victoire du candidat républicain, plusieurs médias américains soutenaient que Facebook avait une part de responsabilité dans les résultats électoraux, notamment parce qu’en favorisant les contenus populaires et largement partagés, il encourageait la production de contenus chocs. Buzzfeed avait ainsi révélé début novembre qu’une poignée de Macédoniens avaient monté une lucrative activité, en gérant des centaines de sites pro-Trump contenant des articles faux et trompeurs. Pas par intérêt pour le candidat mais par pur intérêt financier.

Facebook était aussi accusé de ne pas savoir contrer les « hoax » et les infos bidons. Sur Rue89, nous relativisions ces critiques : si elles ne sont pas dénuées de fondement, c’est exclure les vraies raisons qui ont poussé les Américains à élire Donald Trump. Et elles blâment Facebook pour tout un système – dont les sites qui accusent maintenant la plateforme font partie.

Suite à la pluie de critiques, Google et Facebook ont annoncé qu’ils allaient s’attaquer aux faux sites d’informations, en leur coupant les revenus publicitaires.

Partager cet article

Repost 0