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La secrétaire générale du PT, Louisa Hanoune, est revenue hier, lors de la session hebdomadaire du Bureau politique, sur les différentes mesures que prévoit la loi de finances 2017 et ses retombées qu’elle juge «destructrices » sur le citoyen et la société dans sa globalité.


Naouel Boukir – Alger (Le Soir) –

«Régressive et antinationaliste », c’est ainsi que Louisa Hanoune qualifie la LF 2017 en rajoutant qu’il s’agit bien là «d’un projet criminel dont les retombées seront certainement destructrices ». Selon elle, ce n’est pas seulement le pouvoir d’achat du citoyen moyen qui est menacé mais aussi «le développement social et économique dans sa globalité ». L’un des facteurs préludant cette chute est le taux d’inflation qui a «officiellement» atteint les 6%, avec la dévalorisation du dinar notamment. Ce qui tire, évidemment, le niveau de la consommation vers le bas, rajoute-t-elle. Dans ce sens, elle fait d’autres prospectives comme «les licenciements massifs et l’instabilité sociale qui sont déjà entamés». Pour la SG du PT, l’équation est claire et la nature de la politique tout autant.

C’en est une «d’austérité, et tout le confirme aujourd’hui», soutient-elle. Cette loi de finances reflète «les intentions du pouvoir et son orientation économique régressive qui contredisent totalement le discours officiel du gouvernement». La régression du budget de fonctionnement de 300 milliards de dinars et celui de l’équipement de 500 milliards de dinars ainsi que les crédits de paiement de 1 000 milliards de DA «concrétise une austérité engagée et non pas une simple rationalisation ».

La promotion de l’agriculture et du tissu industriel national n’est que langue de bois. Puisque, hormis les secteurs de la défense et de la santé, tous les autres départements ont subi «une austérité organisée». A commencer par le budget de l’agriculture qui se voit baisser de 42 milliards de dinars et celui l’emploi et la Sécurité sociale reculer de 70 milliards de dinars.

La chute la plus phénoménale concerne le secteur de l’industrie et des mines, considéré comme étant le nerf névralgique pour le développement et la croissance économiques, avec un budget ayant perdu plus de 1 000 milliards de DA. Des faits qui confirment un double discours politique et l’incrédibilité des priorités officielles.

Au lieu d’aller vers l’endettement extérieur qui va «nous vulnérabiliser davantage», la secrétaire générale attire l’attention du pouvoir sur «la nécessité de récupérer les 5 milliards de dinars prêtés au FMI». Ou encore, l’instauration «d’une justice fiscale qui permettra à l’Algérie de récupérer plus de 16 000 milliards de dinars». Et ce, «outre les 450 millions de dollars d’argent public détournés par Chakib Khelil pour ce qui est des deux premiers scandales de corruption seulement», a-t-elle rappelé.

«La non-comptabilisation des nouveaux riches et la discrimination fiscale conçue à leur profit sont ce que dénonce la Banque mondiale aujourd’hui», a indiqué Louisa Hanoune. «La caporalisation du business et de l’argent sur le politique, souffrant de pollution, et la prédation organisée ne sont plus un secret pour les Algériennes et Algériens», a-t-elle poursuivi. Ce sont les facteurs dégradant à la vie politique et aux droits individuels issus des magouilles politiques et de la défaillance de gouvernance «que l’on devrait régler au lieu de s’attaquer aux acquis sociaux des travailleurs », s’est indignée la SG du PT. Et ce, en soutenant la grève annoncée par les syndicats autonomes pour les 17 et 18 de ce mois contre la suppression de la retraite anticipée qu’elle considère comme étant «un prélude d’une offensive plus agressive contre les acquis sociaux». Car, selon elle, il ne reste à la majorité que «la lutte pacifique» pour ne pas se voir retirer ses droits les plus fondamentaux. 
N. B.

Tag(s) : #Vie politique

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