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L’improvisation des décisions ainsi que le grand nombre de notifications à appliquer, envoyées chaque jour dans les établissements sans les moindres concertations avec les enseignants et souvent celles-ci sont remplacées par d’autres, vu leur inapplication sur le terrain.

Nous pouvons nommer celle qui ne fait pas l’unanimité au niveau du corps enseignant et administratif, je dirai le nouveau calendrier scolaire. Celui-ci n’arrange ni l’enfant, ni les parents d’élèves, ni toute la famille de l’enseignement. Je pense que ce n’est pas à partir d’un bureau qu’on peut prendre des décisions pédagogiques relatives à l’enseignement. Nous assistons ces dernières années à des décisions rendant l’école beaucoup à un lieu de garderie que celui du savoir et de l’éducation. Comment peut-on prévoir une rentrée scolaire le 28 aout 2017 alors qu’on sait que la température dans la plupart des régions en Algérie est de 35°degré Celsius. Nous ne sommes ni en France ni en Finlande pour prévoir une telle date. Dans tout pays qui se respecte, le calendrier scolaire prévoit les conditions climatiques du pays, les régions et la durée nécessaire et pédagogique du secteur. De plus, nous assistons tous les jours à un dysfonctionnement entre le ministère de l’éducation et les directions de l’éducation d’une part et celui des directeurs d’éducations et les directions des établissements. Nous observons chaque jour et particulièrement les jours de réception des académies de l’éducation bourrées d’enseignants venus régler quelques petits problèmes en abandonnant leurs élèves alors que les chefs d’établissement devraient se charger de cette mission au lieu d’obliger les enseignants à s’absenter pour régler des problèmes ou demander à des syndicats à se charger de cela en échange de leur adhérence à ces syndicats qui sont responsables de cet état de fait avec la complicité de certaines directions de l’éducation.

D’autres décisions encore là l’incohérente est de taille, c’est celle d’entamer des périodes de formation des enseignants en leur demandant de sacrifier toutes leur périodes de vacances scolaires. Il était plus logique de les libérer pendant toute l’année scolaire afin de faire une vraie formation ou bien de prévoir des remplacements pendant la durée de leur stage de formation. Lorsqu’on veut moderniser et renouveler tout le corps enseignant, il faut se donner les moyens car tous les stages de formation entamés ne sont que du folklore et de la perte d’argent et de temps au moment où on parle d’austérité. Nous sommes surpris qu’à chaque semaine, des invitations sont envoyées à des responsables syndicats ou associations ou administrateurs pour assister à des journées d’information telle que la violence, la réforme, la retraite, les programmes de deuxième génération…Alors que toutes les études universelles ou nationales ont été faites et des solutions ont été proposé. Nous nous posons la question sur le budget que le ministère débourse pour un résultat nul.

Donc arrêtons notre fuite en avant, réglons le problème de l’éducation l’un après l’autre graduellement et commençons par les plus urgents, créons des centres de formation, libérons correctement les stagiaires et faisons les remplacer pendant la durée d’apprentissage comme cela se faisait avant et comme cela se fait dans tous les pays du monde. Créons partout des écoles de formation. Etablissons un calendrier scolaire définitif pour au moins cinq années. Le  calendrier scolaire doit répondre à plusieurs critères aussi bien pédagogiques que logistiques que régionale. Le calendrier scolaire, n’a jamais posé de problèmes auparavant alors pourquoi changer ce qui marche et je pense qu’on a tous pu bénéficier auparavant en tant qu’élève de 2 mois de congés pour l’été et 2x15 jours pendant l’année scolaire et nous avons toujours terminé nos programmes ; alors pourquoi ce chamboulement. Le rapport nombre de semaine d’étude et la finalisation des programme en Algérie est faux.

 Même si on étudie pendant 40 semaines, on ne terminera jamais le programme s’il est enseigné correctement car le problème est ailleurs les décisions populistes du ministère pour responsabiliser le corps enseignant sur l’échec de l’école ne trompe plus la société civile algérienne.

L’exemple du calendrier scolaire montre encore le complexe qu’a le ministère vis-à-vis des enseignants à qui l’on reproche d’avoir plus de repos qu’un administrateur ce qui est tout à fait normal car son travail ne s’arrête pas uniquement au temps passé en classe. Et pour remédier à cela le ministère  décide de  sanctionner même l’élève en diminuant de plus en plus sa période de repos pendant l’hiver et l’été. L’enseignant a compris aujourd’hui que son rôle n’est plus d’enseigner et d’éduquer mais de garder les élèves pendant au moins 10 mois et 15 jours.  « Il est temps de changer les enseignes d’école , collèges et lycées par des enseignes de garderie du primaire ou du collège ou du lycée » Nous aurions aimé voir un calendrier scolaire conçu pour trois régions : le SUD, les régions où l’hiver est très dur et les autres régions. Cela serait plus logique. Tout le monde, sait qu’un enseignant et un élève ont besoin d’au moins 2 mois de repos pendant l’année et de 8 mois de travail car être pendant 8 mois dans plusieurs classes surchargées et avec une génération pas facile demande un effort psychique et physique surhumain que ce soit pour l’élève que pour l’enseignant.

Aujourd’hui, le ministère vient de notifier aux enseignants qu’ils sont fonctionnaires et qu’ils n’ont droit qu’à un mois de congé. De là ils sont obligés de participer aux stages de formations bidons organisés et de les encadrés pendant les vacances d’hiver et de printemps et même d’été sans quoi ils seront sanctionnés. De plus pendant les vacances d’été ils peuvent être réquisitionnés pour participer à l’encadrement des examens et concours comme ce fut le cas cette année 2016 où ils furent de participer à la surveillance de concours le 22 août 2016. Moi je dirai, que c’est le ministère qui a accéléré le départ en retraite plus de 80 % des départs et qu’il est responsable de toutes les crises vécues ces derniers temps. La réalité est là, et tout le monde la connait et nous continuons notre fuite en avant tout en constatant notre échec sans que personne n’intervienne. Les premières applications du nouveau code du travail ont commencé sans qu’on se rende compte.

L’autre scandale qu’on pouvait éviter et qui a frappé notre école est les programmes de deuxièmes générations conçus en moins de six mois demandant un budget énorme et tout cela à cause de l’incompétence des responsables, du  manque de concertation avec les pédagogues du terrainet surtout à une improvisation des décisions sans recherche. Là aussi on efface tout et on continue alors que dans d’autres secteurs on change une équipe qui échoue prenons l’exemple de l’équipe nationale de football qui a changé son entraineur après un simple match nul.

Passons maintenant au scandale du baccalauréat 2016, la tricherie est dans la société et la combattre au baccalauréat est une erreur et elle se répétera encore plusieurs fois peut-être par d’autres moyens et Mme la Ministre n’a pas la bague de « Sidna Souleymane » pour l’arrêter quel que soit les moyens qu’elle utilisera car le mal est plus profond et pour le stopper il faut commencer par le début c’est-à-dire le primaire ; le secondaire et le baccalauréat n’est qu’une finalité.  Là aussi la fuite en avant  continue. L’impunité est dans la société, elle s’est propagé dans l’école telle une gangrène, aujourd’hui plus de 80% d’élève trichent et racontent à leurs parents sans aucunes hontes leur réussite dans la tricherie, ces derniers les félicitent et les encouragent à continuer. On n’a jamais vu un parent venir chez un enseignant pour lui demander de mettre un zéro à son fils à la place du vingt sur vingt qu’il a eu en trichant. Donc la complicité est générale et c’est ces parents qui achètent à leur fils tous les gadgets pour tricher. Le parent aujourd’hui en 2016 n’est plus celui d’avant son seul but c’est d’empêcher son enfant à refaire l’année ou à être exclu, donc il utilise tous les moyens de corruption: sa position de haut responsable dans la société, ses cadeaux de voyages payés, son offre de séjour à l’étranger ou en Algérie dans de hôtels 5 étoiles, ou appartements de haut standing ou dans des villas somptueuses ou par des matériels de constructions ou par des nominations à des postes supérieurs ou tout simplement par  des moyens financiers... Pour le père le succès de son fils n’a pas de prix et tous les moyens sont bons.

Pour lui, l’université n’est plus un problème car le succès de son enfant est assuré. La falsification des résultats soient par les gonflements des notes ou par la facilité des sujets ou par les cours particuliers ou par le choix des enseignants sont monnaies courantes dans l’éducation et au vu de toute l’administrationet du ministère. Nous avons vu des élèves ayant échoué au BEM avec une note de 06/20 se retrouver en seconde sciences par compensation en ajoutant la note continue de l’année de 4AM et demain ils seront de futurs hauts cadres grâce à leurs parents pour qui l’interdit n’existe pas. Nous sommes tous complices et nous nous taisons, c’est à cause de ces méthodes que la corruption est générale, que la violence sans limite est partout, dans la rue ou dans les stades ou dans l’école. Ce qui se passe dans l’école est logique vu que tout le monde a participé à la destruction de l’école et de là celle de la société.

L’autre scandale de l’éducation est celui de la liste nationale sur laquelle sont portés un grand nombre de  futurs enseignants ayant trichés pour figurer parmi ceux qui ont pu avoir 10/20.

Cette  décision unilatérale prise par le ministère de la liste nationale pour le recrutement qui comprends plus de 98 000 candidats, l’idée est intéressante si cette liste avait pris tous les critères celle de la transparence du concours et si tous les algériens ont pu concourir dans toutes les matières dans toutes les wilayas car les noms qui figurent sur cette liste sont ceux qui ont concourus en 2016 pour un poste mais celle-ci n’a pas pris en considération ceux qui dans leur wilaya n’ont pas pu concourir car il n’y avait pas de poste ouvert pour le concours dans  leur matière dans leur wilaya.

Cette liste nationale va pousser certains enseignants à migrer vers d’autres wilayas où ils n’ont aucun moyen de vie comme le plus important le logement. Alors on va utiliser des enseignants qui vivront dans des conditions précaires pour enseigner alors je ne vois comment ces responsables réfléchissent. Alors comment concevoir qu’un enseignant marié abandonnera son foyer pour venir dans une autre ville que la sienne vivre dans une chambre ou dans un internat et enseigner correctement. Tout ceci pour vous dire que l’école a besoin de rénovation, que la société doit être complice de l’école et non son ennemi, que l’enseignant doit être le maître, le décideur et le père de l’enfant sans que personne n’intervienne dans sa mission éducative. Et tout enseignant a besoin d’un logement personnel pour pouvoir assure son devoir. Aujourd’hui, même le conseil de classe ne joue plus son rôle et sa décision est remise en cause souvent sans son consentement. Nous assistons même à des réorientations d’élèves en dehors de la commission de recours par des directeurs d’éducation sans que le ministère n’intervienne.

Le ministère doit revoir sa politique dans l’éducation et ne plus se précipiter dans les décisions sans faire appel aux hommes du terrain. La société doit jouer son rôle car c’est l’avenir de générations qui est en jeu.

Notre ministère est appelé à revoir l’enseignement préscolaire et primaire car avant d’arriver à l’enseignement moyen, l’enfant  a beaucoup plus besoin de six ans d’études que cinq ans et ainsi le problème des programmes sera réglé dans le primaire et son bagage scolaire lui permettra d’aborder ce cycle avec de meilleurs moyens et facilitera la tâche de son enseignant qui aura besoin de beaucoup moins de temps d’explication et pourra ainsi terminer les programmes..

Pour le secondaire, un vrai débat doit être ouvert sur le nombre d’années d’étude, sur l’orientation des élèves, sur l’enseignement technique et pourquoi pas agricole (Notre pays a une très longue côte, une des plus grande étendue au monde, notre jeunesse peut relever tous les défis et l’agriculture sera la future arme économique qui dirigera le monde donc préparons notre jeunesse.) La réflexion de la réforme du baccalauréat ne peut se faire sans une vraie refondation de l’école donc c’est se mentir que de décider aujourd’hui de réformer le baccalauréat sans refondation de l’école. Sommes-nous prêt à relever ce défi je ne le pense pas car notre fuite en avant continue.

La question des retraites, l’autre grand dossier ne doit pas se poser dans l’éducation car il suffit de poser les questions aux médecins des hôpitaux ou cliniques dans le service de psychiatrie, ils vous diront que la plupart c’est des enseignants. Donc on ne peut pas obliger un enseignant malade à rester jusqu’à 60 ans. Donc des solutions doivent être trouvés car après 25 ans d’enseignement, le rendement de l’enseignant est à diviser par quatre et seul son expérience le maintien et pour certains celui-ci est nul. Donc il faut laisser à l’enseignant le choix de son départ en retraiteet dans certains cas lui demander de partir en retraite en lui garantissant toute sa retraite pour service rendu. Il faut tirer chapeau à ces enseignants compétents qui malgré toutes les embûches créer par leur ministère ne pensent qu’à l’école et à leurs élèves. C’est le seul secteur où le travailleurs doit être à 8h du matin dans son travail et ne peut sortir avant car leur absence est contrôlé par les élèves. L’état doit investir en l’homme et par là en l’enseignant car sans lui il n’y aura aucun avenir alors donnons-lui tous les moyens qu’ils soient financiers ou de repos ou une retraite méritée.

Il est temps que le ministère arrête sa fuite en avant et qu’il affronte les vrais problèmes de l’éducation, la satisfaction et les chiffres avancés n’ont pas de place pour l’avenir du pays et des grands défis l’attendent. 

La réaction du ministère à chaque mouvement de grève, s’ensuit de réaction de mépris par des ponctions de salaire au lieu de régler le problème par un dialogue sérieux  ce qui pousse les enseignants touchés dans leur fierté à refuser de rattraper les cours perdus ce qui a touché le côté pédagogique et de là,  la création du fameux seuil des programmes et à chaque fois c’est le même scénario à savoir  les présidents des associations des parents d’élèves qui n’ont pas d’élèves enfants et qui ne représentent qu’eux-mêmesfaire les mêmes déclarations pour soutenir le ministère de peur d’être décrier par celui-ci ; les mêmes mots reviennent telles :  l’exemple des cours particuliers qui augmentent, de mains étrangères ou de politiques. Mais cette fois-ci personne n’est dupe il faut trouver autres choses et régler les problèmes le plus tôt possible afin de permettre aux enseignants de rattraper les cours perdus et d’éviter le seuil des programmes. Parler de ponctions sur salaire c’est parler de crédibilité du baccalauréat et de seuil des programmes. Il est temps que le ministère arrête son mépris vis-à-vis du corps qu’il dirige et que son discours ne touche plus à la crédibilité de l’enseignant et de pousser la société à le mépriser.

Un ministre de l’éducation  partout dans le monde est le premier porte-parole du corps enseignant et non être le premier à le dénier et puisque qu’on importe tout de l’étranger qu’on prenne exemple sur certains ministre allemand ou anglais ou finlandais… sur leur déclaration en ce qui concerne le corps qu’il dirige ; ils sont toujours fiers de leur secteur et de tous ses acteurs.

  Pour cela : « Il faut se remettre en cause et mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut car on ne peut pas jouer avec l’éducation car dans ce cas on devient l’ennemi de soi-même ».

La refondation de l’école est la seule solution et il n’est pas encore trop tard.

Ensemble sauvons l’éducation.

HAKEM BACHIR PROFESSEUR DE MATHEMATIQUES AU LYCEE COLONEL LOTFI D’ORAN

 

 

Tag(s) : #Vie Educative

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