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Les indétrônables

Le vocable a été accolé, par la presse algérienne, à Issa Hayatou, inamovible Président de la CAF, à l’origine de l’éviction de l’Algérie comme pays organisateur de la CAN.2017. Le soi-disant Bureau Exécutif de la CAF aurait attribué cette organisation au Gabon, déjà coorganisateur de la Coupe en 2012, on ne sait sur la base de quels critères ?

Mais « la raison du plus fort » n’est-elle pas toujours « la meilleure », comme l’a dit le fabuliste Jean de la Fontaine, averti par les us et coutumes de la vie courtisane du temps du Roi Soleil. D’autant qu’Issa Hayatou est, au Cameroun, fils du Roi traditionnel, qui n’a rien à voir avec le Cameroun de Paul Biya

Roi Soleil ou Roi Pétaud, beaucoup de responsables du sport international se considèrent indétrônables, du fait qu’ils savent comment avoir la haute main sur l’assemblée générale, clé de voûte de tout un système, bâti à l’ombre du pouvoir d’Etat, grâce au principe d’autonomie.

Au centre, était le principe d’autonomie

Par la grâce de ce principe, proclamé lors de la création du CIO par le Baron Pierre de Coubertin en 1896, et constamment renforcé, les organismes sportifs prennent de la distance par rapport aux Etats qui les financent, en attendant que les grosses entreprises multinationales prennent le relais.

Le principe d’autonomie, clé de voute de l’organisation sportive internationale, a fini par être officiellement reconnu, et par la Communauté européenne et par l’ONU ; juste consécration de l’ordre ultra libéral qui domine le monde. La mondialisation économique s’est d’abord réalisée par le biais de l’olympisme, de plus en plus triomphant ; et tout le reste a suivi par la suite.

Car, qu’on le veuille ou pas, le sport prend toujours la coloration du milieu politique, économique, social et culturel où il naît. Pour ce qui est de l’organisation sportive et, partant de ce principe, il est possible de définir une sorte de typologie.

Typologie de l’organisation sportive

Le premier type serait représenté par le Comité Olympique National Italien(CONI) qui, en ayant la haute main sur l’ensemble des sports, représente l’ultime application du principe d’autonomie. Une autonomie totale du mouvement sportif italien.

A l’opposé, nous trouvons le type d’organisation totalitaire. Toute l’organisation sportive, y compris le Comité Olympique, dépend de l’Etat qui considère le mouvement sportif comme un instrument de caporalisation de la société civile sportive.

Enfin, nous avons une sorte de mix, avec le mode français d’organisation dont les fédérations sportives et le CNOSF, bénéficient d’une large autonomie d’organisation, de programmation et d’action, sous la tutelle d’un Ministère des sports, chargé de la mise en œuvre de la politique sportive du gouvernement.

Les assemblées générales, alibi de démocratie

Au regard de cette typologie, les Assemblées générales des organismes sportifs sont démocratiques et totalement ouvertes pour le type1, dirigées et fermées pour le type 2 et, pour le type3, semi ouvertes et partiellement dirigées.

Lorsqu’un dirigeant, ou un groupe de dirigeants, appartenant à la même mouvance « politique », le pouvoir est pris et assumé durant de nombreuses années. C’est ce qui est arrivé en Italie, avec le Président du CONI Giulio Onesti qui demeura à la tête du CONI jusqu’à sa mort. C’est ce qui est arrivé au niveau du CIO dont l’histoire fut marquée par trois personnalités de taille.

D’abord le rénovateur des Jeux Olympiques modernes, le baron Pierre de Coubertin, raciste et mysogine qui s’opposa à l’organisation des JO par un pays africain, l’Egypte en l’occurrence, et à la participation des femmes aux JO.Puis l’américain Avery Brundage[1] fervent défenseur de l’amateurisme qui régna sur le CIO et le mouvement sportif international, durant une vingtaine d’année sans discontinuité. Lord Killanin assura une souple transition entre l’organisation frappée au sceau de l’amateurisme et une organisation dévouée à la commercialisation et au professionnalisme de plus en plus triomphant.

Ce fut au cours du règne d’Antonio Samaranch, le sémillant marquis catalan, secrétaire d’Etat à la jeunesse et aux sports du régime franquiste et gestionnaire d’une belle fortune investie dans le textile, l’immobilier et la banque que commença le règne des grandes entreprises multinationales. Faut-il oublier qu’à la sortie de Lord Killanin, en 1980, la candidature de Samaranch fut sponsorisée par Horst Dasler, patron d’Adidas, et André Guelfi l’inventeur du marketing sportif.

Qu’en est-il pour notre pays ?

C’est ce que nus verrons lors de notre prochaine livraison.

Notes

Au cours de sa carrière de dirigeant sportif, Brundage est, selon Guttmann, « incontestablement un idéalistetrad 30 »76. Il conclut souvent ses discours par cette citation de John Galsworthy : « Le sport maintient le drapeau de l'idéalisme au vent en tout temps [...] avec son esprit de respect des règles et de l'adversaire. [...] Si l'esprit du sport, qui est l'esprit du fair-play, règne sur les affaires internationales, [...] la vie humaine émergera de la jungle pour la première foistrad 31. »77

Brundage estime que cet idéal se r

En 1954, les Allemands de l'Est reprennent leurs tentatives de reconnaissance. L'année suivante, Brundage ayant reçu l'assurance que le comité olympique est-allemand n'est pas dirigé par le gouvernement, le CIO vote et le reconnaît comme comité national olympique. Il demande en revanche que l'Allemagne de l'Est et de l'Ouest participent aux Jeux dans une seule équipe allemande en 195686. Les Allemands l'Est n'envoient que 37 athlètes qui vivent séparés de leurs homologues de l'Ouest aux Jeux olympiques d'été de 1956 à Melbourne. Pour les Jeux olympiques d'été de Rome en 1960, alors que le CIO continue à demander une équipe unifiée, 141 des 321 athlètes viennent de l'Allemagne de l'Est ; les concurrents des deux États vivent cette fois dans le même quartier du village olympique87. À la cérémonie d'ouverture, le président italien Giovanni Gronchi s'émerveille, au plaisir de Brundage, que le CIO ait réussi à réunir les équipes allemandes. Brundage répond : « Dans le sport, nous faisons de telles chosestrad 35. » Brundage voit la participation allemande comme le symbole du potentiel des Jeux olympiques de surmonter les divisions pour s'unir88.

Durant son mandat, se produit « la révolution Samaranch » : abandon de l'amateurisme et entrée dans l'ère du professionnalisme, commercialisation de ce spectacle planétaire en méga-événement (développement du sponsoring, du merchandising et des droits télévisuels10). La charte olympique de Coubertin interdisant cette évolution, il en fait modifier le texte en ajoutant à l'article concerné « sauf pour le CIO »2.

Après 21 ans de règne sur le CIO (le plus long règne après celui de Pierre de Coubertin) au cours duquel il est réélu par acclamation en 1985, 1989, 1993 et 1997, il est remplacé en 2001 à la tête du CIO par Jacques Rogge, le successeur qu'il a lui-même désigné, mais reste président d'honneur à vie et fait coopter son fils, Juan Antonio junior la même année.

[1]

Tag(s) : #Vie Sportive

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