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Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs. © Archives Liberté
Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs. © Archives Liberté

Louisa Hanoune ne voit pas l’utilité d’une haute instance de lutte contre la corruption si des révélations faites par des ministres en poste, sur des malversations constatées dans leurs secteurs respectifs, ne sont pas suivies par une autosaisine de la justice.

La secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, a qualifié, hier, à Alger, dans son rapport d’ouverture d’une session ordinaire du bureau politique du PT, de “terrifiantes” les récentes révélations du ministre du Commerce, Bakhti Belaïb. Terrifiantes en ce sens qu’elles impliquent, relève-t-elle, des complicités au sein d’institutions de la République avec un importateur “indélicat”.
Un importateur, regrette-t-elle, qui avait défié les services compétents du ministère du Commerce pour avoir réussi à dédouaner une marchandise inéligible et qui, par conséquent, ne devait pas quitter le port d’Alger. Mais ce qui est le plus “terrifiant” aux yeux de la SG du PT est que “la justice n’a pas jugé utile de donner suite aux révélations du ministre du Commerce”.
Louisa Hanoune ne comprend pas aussi comment les révélations du ministre du Tourisme, Abdelwahab Nouri, sur les 65 hectares de terrain d’assiette “accordés illégalement” dans le cadre du projet Dounia Parc, à l’ouest d’Alger, sont également restées sans suite. “Ces révélations devraient être suivies par une réaction et une solidarité gouvernementales. Ailleurs, il suffit qu’il y ait des doutes sur de supposées pratiques de malversation pour que la justice s’autosaisisse. Chez nous, un ministre révèle, avec preuves, des pratiques douteuses constatées dans son secteur et personne ne bouge…”, dénonce-t-elle.
Louisa Hanoune ne voit d’ailleurs pas l’utilité d’une haute instance de lutte contre la corruption si des révélations faites par des ministres en poste, sur des malversations constatées dans leurs secteurs respectifs, ne sont pas suivies par une auto-saisine du parquet. “Nous ne doutons ni des intentions ni de la composante humaine de ces hautes instances, mais des structures pareilles ont existé par le passé et n’ont abouti à aucun résultat. De quelle lutte contre la corruption parle-t-on si nous lisons, chaque jour, un scandale dans la presse et la justice ne bouge pas ?”, s’interroge-t-elle. La première dame du PT estime ainsi que “nous ne pouvons pas parler de lutte contre la corruption en l’absence d’une justice réellement indépendante, d’une constitution quotidiennement violée, d’une gestion non transparente des affaires publiques, mais aussi le fait de ne pas donner une suite aux rapports de la Cour des comptes”.
Louisa Hanoune va encore plus loin et précise que “nous ne pouvons pas prétendre combattre le terrorisme et fermer les yeux, en même temps, sur des affaires de corruption”. Parce que la SG du PT est convaincue qu’“au point où en sont les choses, il ne s’agit plus de cas de corruption mais d’une institutionnalisation des pratiques mafieuses”. Des pratiques, insiste-t-elle, qui sont “étroitement liées aux intérêts restreints de l’oligarchie”.
L’autre question qui intrigue la SG du Parti des travailleurs est “la campagne de lynchage dirigée par les partisans des ténèbres contre Nouria Benghabrit”. Et ce qui l’intrigue le plus est “l’indifférence du gouvernement face à ces attaques systématiques qui ciblent une ministre qui applique pourtant le programme du président de la République”. Louisa Hanoune fait d’ailleurs remarquer que “ces partisans des ténèbres ne sont pas au pouvoir et pourtant le pouvoir se tait face à leurs attaques”. Un état de fait qui, de l’avis de Louisa Hanoune, constitue “un danger inédit pour la pérennité de l’État”.


Mehdi Mehenni

Tag(s) : #Vie politique

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