Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Réseau des Démocrates

Espace de rencontres et d'échanges d'expériences en vue de construire des alternatives démocratiques et sociales.

Réseau des Démocrates

Les jeux de tous les paradoxes

Les jeux de tous les paradoxes

le 03.08.16 | 10h00 Réagissez

Lorsque le 2 octobre 2009, le CIO avait confié l’organisation des 31es Olympiades des temps modernes au Brésil, il tenait à gratifier un pays émergent qui avait en outre la charge de tenir sur son sol, deux ans auparavant, la phase finale de la Coupe du monde de football. Curieuse originalité des statistiques olympiques.

C’est la première fois que des JO se tiennent dans un pays d’Amérique du sud. 500 000 touristes, 10 500 athlètes, 7000 journalistes et assimilés se sont installés dans la célèbre baie pour capter les instants magiques chargés d’émotion de ces joutes quadriennales à la faveur de deux semaines festives et colorées si caractéristiques à ce pays lusophone. Mais les JO ne sont pas qu’une oasis de jouissance bercée par l’eau claire des plages et les lumières chatoyantes du magnifique site carioca. Depuis la désignation de Rio 2016, de nombreux problèmes touchant à la politique et à l’économie ont surgi, qui font de ces Jeux les mal-aimés des couches moyennes brésiliennes. Bien qu’auparavant les sondages officiels et orientés par des politiques intéressés ont voulu démontrer que la majorité des populations locales accueillaient avec enthousiasme une telle organisation, force est de constater aujourd’hui que des voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles nomment «un véritable gâchis financier».

«Il n’y a pas d’argent pour la santé, l’éducation et le logement, mais il y en a pour l’organisation des JO» : les premiers à soulever la question sont les partis et les travailleurs en conflit avec le gouvernement depuis 2013, c'est-à-dire peu avant le déroulement de la Coupe du monde de football. En 2016, le tableau des conflits sociaux majeurs n’a pas changé et il s’est même aggravé avec l’accentuation de la crise politique et économique, à l’orée de ce cocktail sportif planétaire. Grèves et mouvements sociaux sont en recrudescence. Les frondeurs visent et fustigent cette politique de prestige qui a consacré des investissements colossaux qui ne serviront en définitive ni l’économie locale ni le bien-être des citoyens. A ce méli-mélo sociopolitique qui risque de faire ombrage aux JO-2016 est venu se greffer le virus Zika. Cette maladie transmise par un moustique autochtone a déjà atteint 1,5 million de personnes au Brésil. Elle fait peur malgré le feu vert donné par l’organisation mondiale de la santé (OMS) à des joutes vouées pourtant il y a quelques mois à l'annulation. De nombreux athlètes ont fait défection.

Ces jeux ont également lieu au milieu d'une polémique particulière touchant de plein fouet le Comité international olympique (CIO), accusé de permissivité vis-à-vis d’un de ses membres et non des moindres. Même si la question du dopage est récurrente à chaque JO, le dernier scandale en date n’a pas concerné un ou plusieurs athlètes, mais un pays qui a toujours joui de l’aura olympique, la Russie, accusée d’avoir mis en place «un système de dopage d’Etat généralisé». Une première depuis l’ex-RDA…
A la veille du début de cet événement planétaire, le risque terroriste, puisqu’il n’épargne aujourd’hui aucun regroupement de masse ni aucun pays, est-il maîtrisé ? La police locale estime qu’une attaque terroriste est «possible» mais «pas probable». Aucune agence de renseignement, encore moins les agences américaines qui ont travaillé en étroite collaboration avec les autorités brésiliennes «n’ont la moindre info sur une menace terroriste potentielle». Est-ce que cela veut dire que les JO sont d'ores et déjà sécurisés ? L’histoire récente nous a appris que l’acte terroriste ne prévient pas…Omar Kharoum

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article