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Le prix du Brent poursuit sa chute : Le marché peine à retrouver l’équilibre

le 30.07.16 | 10h00 Réagissez

Les prix mondiaux du pétrole continuaient hier à évoluer à la baisse, embrassant au cours de cette semaine de nouveaux plus bas jamais vus en près de trois mois et demi.

Alors que les perspectives de rééquilibrage du marché, annoncées il y a quelques semaines par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), semblent s’éloigner, les cours continuent ainsi à évoluer dans la morosité, sur fond de craintes persistantes liées notamment à la surabondance structurelle de l’offre. Hier en fin de matinée, rapporte l’AFP, le baril de brent de la mer du Nord pour livraison en septembre, dont c’est le dernier jour de cotation, valait 42,21 dollars sur l’InterContinental Exchange (ICE) de Londres, en chute de 49 cents par rapport à la clôture de la veille.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude (WTI) pour la même échéance perdait pour sa part 29 cents pour s’établir à 40,85 dollars. Le brent et le WTI, commentent Michael van Dulken et Augustin Eden, analystes chez Accendo Markets, cités par l’AFP, «sont encore orientés à la baisse alors que l’excédent d’essence aux Etats-Unis continue et que des inquiétudes se font jour concernant un ralentissement de la croissance mondiale affectant la demande de pétrole». Aussi, les cours ont nettement dévissé cette semaine, les investisseurs doutant de plus en plus d’un rééquilibrage rapide du marché après une hausse surprise des stocks de brut aux Etats-Unis et le maintien des réserves d’essence à un niveau inhabituellement élevé pour la période estivale. Depuis le début du mois, relèvent les experts de Commerzbank, les prix du brent et du WTI ont chuté de 15% chacun, soit leur plus important recul mensuel respectivement depuis décembre 2015 et depuis un an.

Après leur pic de reprise enregistré début juin dernier, les prix du brut ont ainsi lâché quelque 20% de leur valeur, laissant par conséquent planer de sérieux doutes sur les perspectives de relance annoncées précédemment, comme le fait observer Stephen Brennock, analyste chez PVM. Le processus de rééquilibrage du marché, note ce dernier, a du plomb dans l’aile, alors qu’il était censé passer à la vitesse supérieure ce trimestre, après que le triumvirat de l’Energy Information Administration (EIA, une antenne du département américain de l’Energie), de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et de l’OPEP a prévu une hausse de 1,3 million de barils par jour en moyenne de la demande mondiale de pétrole à partir du second trimestre.

Ces prévisions, ajoute encore le même analyste, paraissent de plus en plus irréalistes après que des doutes ont commencé à émerger concernant une hausse de la demande mondiale de pétrole, notamment depuis que le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse des prévisions de croissance mondiale pour cette année et alors que la progression de la demande européenne de pétrole pourrait être freinée par les conséquences du Brexit. Un contexte peu propice en somme à une reprise solide et durable sur le marché pétrolier, d’autant que le déclin de la production américaine semble marquer une pause et que la production de l’OPEP se situe actuellement à un plus haut pluri-annuel, estiment en définitive des analystes du marché. 
Akli Rezouali

Tag(s) : #Vie economique

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