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Tout d’abord le métier d’enseignant est l’un des plus pénible et usant dans le monde et en Algérie particulièrement.

Toute la société pense que les enseignants sont gâtés par de longues vacances et des horaires allégés entre 18 et 22 heures par semaine suivant le cycle avec de longues vacances 2 x 15 jours (automne et printemps) + 2 mois ( l’été ).

  • Mais regardons la réalité :

Quel est le véritable volume horaire de travail d’un professeur du secondaire qui doit s’acquitter d’un emploi de temps hebdomadaire de 18h devant ses élèves.« Mais il faut savoir qu’une heure de cours devant des élèves nécessitent une préparation d’une 1h30mn selon les estimations et les études universelles ». Celamontre que pour 18 heures de cours pour un professeur du cycle secondaire il faut ajouter 27 heures de préparation ce qui correspondra à 45 heures de travail par semaine alors que le code du travail stipule 35 heures par semaine pour tous les travailleurs algériens.« Tout enseignant du secondaire travaille donc 10 heures de plus par semaine que tout fonctionnaire en Algérie, soit 42 heures de plus par mois ; ainsi pour 9 mois il fera378 heures de plus ce qui équivaut à peu près 11 semaines de travail de plus soit deux mois et trois semaines de plus ». Alors queselon les normes nationales un fonctionnaire doit travailler 11mois net par an pour avoir droit à un mois de congé payé, l’enseignant lui travaille pendant 9mois devant les élèves+11 semaines nettes (préparation à domicile) soit si l’on comptabilise tout cela en mois de travail par rapport aux autres fonctions cela donne un total un effort annuel de 11 mois et trois semaines nettes en une année alors où sont ces vacances dont parlent tout le monde et où est l’avantage ; la réalité est si l’enseignant possède des repos de 2 x 15 jours + 2 mois de vacances celles-ci sont consommés indirectement et évaporés par ce qu’on appelle heures de récupération dans le vocabulaire des fonctionnaires c’est-à-dire les préparations à domicile pour un enseignant sans parler de la surcharge des classes. Donc les vrais congés d’un bon enseignant ne sont que d’une semaine alors que le simple fonctionnaire en a pour un mois. Le calculest simple il faut ajouter aux neuf mois effectives de travail les 11 semaines de préparation des cours c’est-à-dire deux mois + 3 semaines et ainsi il ne bénéficiera effectivement que d’une semaine de repos. L’enseignant lui-même ne s’est jamais posé la question sur la vraie durée de son congé annuel et est exploité dans le monde et en Algérie particulièrement pendant plus de 32 ans, âge légal de possibilité de départ selon la loi 97-13 remise en cause. Les 32 ans de travail sont en réalité 34 ans de travail car chaque année il aura travaillé 3 semaines de plus que les autres travailleurs qui eux travaillent pendant 11 mois ; cet état de fait montre que le professeur du secondaire fait 96 semaines de plus après les 32 ans donc près de deux ans de plus.Mais ce dernier est tout heureux d’être en vacancesl’été qu’il se croit privilégié par rapport aux autres fonctionnaires mais, il ne se rend pas compte que la réalité est autre.

  • Est-ce qu’un enseignant profite vraiment de sa retraite.

Tout d’abord la moyenne de mortalité en Algérie est de 70 ans ce qui permet aux enseignants retraités à l’âge de 60 ans de profiter au maximum pendant 10 ans de leur pension. Mais les statistiques montrent que plus de 50% des enseignants meurent après les cinq années qui suivent leur départ en retraite. Peut-être que le gouvernement et les multinationales ont pensé à eux pour prolonger leur vie en projetant de prolonger l’âge de départ en retraite à 65 ans et ainsi leur faire atteindre la moyenne de mortalité en Algérie car sans ça ils seront la plupart d’entre eux en dessous de la moyenne d’âge de mortalité dans le pays. Donc laissant la plaisanterie de côté,et pensant à sauver le métier, l’enseignement et l’enseignant lui-même. Une des premières initiatives urgentes et nécessaires est d’aménager le départ en retraite de ce dernier.

  • Comment analyser le parcours professionnel d’un enseignant. Les premiers pas dans l’enseignement commencent en moyenne à l’âge de 25 ans, il lui faut d’abord cinq années pour s’intégrer, être titulariser et finir sa propre formation donc c’est à 30 ans qu’il sera vraiment titulaire et qu’il commencera à progresser en augmentant son rendement pendant 15 ans ; arrivé à l’âge de 45 ans son rendement sera plus ou moins stable pendant 10 ans. Mais usé par le temps de 18 heures chaque année avec des classes surchargées, sans motivation et après 25 années de travail dans des conditions plus qu’inhumaines sans aucune protection commencera pour lui les maladies chroniques connues des enseignants tel que la tension, les AVC, le diabète, les maladies de la gorges, l’arthrose … ; C’est à partir de là que la majorité des enseignants décrochent. C’est à partir de là qu’ils prennent conscience que leur rendement diminue, qu’ils ne peuvent plus continuer et pensent à leur retraite dès l’âge de 50 à 55 ans car ils ne peuvent plus assurer convenablement les 18 heures de travail.Leur statut n’a jamais pensé à diminuer le volume horaire suivant leur âge et celui-ci n’a jamais été vraiment pédagogique. Donc lorsque les syndicats demandent un départ en retraite après 25 ans de travail dans l’éducation ils ont raison car ils sont conscients de la pénibilité du métier.
  • Le projet du gouvernement et des multinationales sur le problème de la retraite est contré et désavoué physiquement et logiquement par les enseignants. La 97-13 était adapté et avait prévu des lois sur le départ à la retraite parmi les plus équitables parmi tous les droits de retraite dans le monde, c’est ces acquis algériens qu’il faut reconnaitre et préserver. Aujourd’hui les multinationales poussent le gouvernement à remettre en cause tous les acquis syndicaux des travailleurs; si l’on suit les nouvelles lois dictées par des multinationales sur les peuples et les gouvernements, partout dans le monde les départs en retraite sont remis en cause malgré toutes les protestations ainsi que les manifestations, les dirigeants ont cédé au dictat des patrons pour augmenter l’âge de la retraite à plus de 60 ans et favoriser la contractualisation surtout celle des CDD (contrat à durée déterminée) nous avons pu le voir en Europe( Allemagne, France, Espagne…) ou en Afrique( Maroc, Sénégal, Mauritanie,…) et voilà que ça retombe sur nous en Algérie. Le front social en Algérie s’est construit et prévoit une rentrée sociale chaude, le gouvernement lui aussi est conscient et retarde de quelques mois l’application des lois sous prétexte de politique d’austérité alors que la réalité c’est la mondialisation et la remise en cause de tous les acquis des travailleurs partout dans le monde ; l’Algérie ne pouvait faire exception pour diverses raisons beaucoup plus politiques que sociales. Ainsi le bras de fer va faire son apparition dès la prochaine rentrée sociale et c’est dommage que tous les travailleurs du monde entier n’ont pas pu mettre en place un front social international pour arrêter l’exploitation des multinationales des travailleurs qui continuent à imposer des réformes beaucoup plus économiques qu’autres choses dans tous les secteurs et parmi eux celles de l’éducation et de la santé ainsi que celui du code du travail à travers le monde, remettant en cause tous les acquis des travailleurs ; pour réussir leur entreprise de destruction des économies des pays et de tous ces acquis ils vont jusqu’à créer des guerres à travers le monde pour exploiter toutes les richesses des peuples. Une nouvelle colonisation est née, celle des multinationales intransigeante, sans pitié et les gouvernements ne peuvent qu’appliquer leurs politiques l’un des exemples les plus flagrant est celui de la France où un gouvernement de gauche passe à droite pour obéir à la loi des patrons et où malgré toutes les protestations de tous les travailleurs qui durent et continuent, le gouvernement ne veut pas céder. Alors la question qui se pose pour ce pays l’un des plus démocratiques dans le monde. Pourquoi ? Alors que le rapport de forces est du côté des travailleurs la réponse je crois est simple c’est que la gouvernance aujourd’hui du monde se trouve chez les multinationales. Ces multinationales placent aujourd’hui ou renversent des gouvernements ou des présidents qui ne suivront pas leurs directives.
  • Pour l’éducation en Algérie le problème est différent, le gouvernement se trouve piéger car plus de 70% des enseignants qui ont commencé leurs carrières dans les années 1984 et 1985, lors de la nationalisation du corps des enseignants, ont ou auront bientôt les 60 ans âge légal de départ en retraite. Donc l’éducation va se vider quel que soit la décision du gouvernement ; il sera confronter à deux problèmes celui de combler le déficit d’enseignants et celui d’appliquer les lois des multinationales. On ne peut pas du jour au lendemain couvrir convenablement le départ en retraite en l’espace de trois ans de plus de 50 000 enseignants. Pour cet état de fait l’état n’avait fait aucune planification au contraire il avait fermé les écoles tels que les ITE et les ENS qui se charger auparavant de préparer les futurs enseignants avant de les lancer dans le bain. Maintenant, il est obligé de faire appel à la précarité de l’emploi en recrutant par contrat souvent par CDD;. Donc au lieu de penser à la politique d’austérité dans l’éducation il faut prévoir une meilleure retraite pour ce corps et un départ à la retraite plus tôt soit après 25 ans maximum pour un meilleur rendement et se positionner sur un projet de remplacement des enseignants après au maximum 25 ans de travail. Demander à un enseignant de partir en retraite à 65 ans c’est l’assassiné dans son métier car avec les conditions actuelles rares seront ceux qui atteindront cet âge et avant l’âge de 60 ans la majorité démissionneront ou mourront telle est la réalité que doit prendre en compte le gouvernement s’il veut sauver ce secteur. La politique de contractualisation se trouve aujourd’hui bloquer par ce départ en retraite, l’état hésite à appliquer le dictat des multinationales et la politique d’austérité dans l’éducation est remise en cause.
  • Qui est derrière la prolongation du départ à la retraite. La raison de la peur de la faillite de la caisse de retraite nationale en Algérie n’est qu’un trompe œil et obéit à un ordre mondial bien établit qu’est les multinationales aidées dans leur entreprise par le FMI et la Banque Mondiale. Les pays ne sont plus indépendants, une nouvelle colonisation est née, elle repose sur une politique économique capable de créée des guerres là où il n’y en a pas, de faire fluctuée le prix des hydrocarbures suivant leurs besoins et n’obéissant plus à aucune logique d’offre et demande, allant jusqu’à choisir leurs représentants décideurs dans les pays les plus développés ainsi aucun gouvernement pour se préserver ne peut s’y opposer. Pour ce qui est de la retraite, la prolongation de l’âge du départ à la retraite et sa réforme pour remettre en cause les acquis des travailleurs n’est pas propre à l’Algérie mais partout dans le monde la barre des 60 ans ces dernières années ont été dépassées ; le principal responsable est le patronat.
  • Maintenant la raison est simple, pour coloniser un pays il suffit aujourd’hui d’exploiterses richesses et recruter les travailleurs en les faisant dépendre d’un CDD. Donc le but voulu par les multinationales, le FMI et la Banque Mondiale est d’avoir le moins de titulaire ou de CDI dans les fonctions en augmentant au maximum les CDD. L’une des premières solutions des plus simples est de prolonger l’âge de départ à la retraite et d’annuler toute retraite anticipée ainsi il y aura moins de création de postes budgétaires donc beaucoup plus de chômeurs. Cela permettra aux patrons d’avoir plus de demandes d’emploi que d’offres, ainsi il sera plus facile de recruter par CDD et le tour est joué.

Les guerres, les crises économiques, les coups d’états et tous les malheurs des pays n’ont plus de secret pour personne ; un seul ordre dirige le monde depuis longtemps et est responsable de ces maux c’est les multinationales qui ont réussi à créer une nouvelle colonisation mondiale basée sur l’économie par l’exploitation des peuples et de leurs richesses ; les dirigeants ont peur de terminer comme ceux d’Irak, de Libye, de Tunisie ou de Syrie … et ne peuvent qu’abdiquer aux directives des multinationales ; aujourd’hui le travailleur devra être exploité pendant au moins 65 ans pour pouvoir profiter d’une pension pendant au maximum 5 années. Les sangsues que sont multinationales ne se contentent plus des bénéfices du travail des peuples ils s’attaquent maintenant à leur retraite.

Tous les gouvernements du monde ne pourront plus y faire face car il n’existe plus aujourd’hui de véritable politique de gauche à travers le monde ; tous sont obligés de se plier aux exigences des multinationales et la preuve nous est donnée par les dirigeants de gauche des pays les plus développés qui gouvernent à droite. Tous les acquis des travailleurs obtenus durant des décennies par des martyrs et des révolutionnaires ont tendance à s’évaporer.

  • Le front social en Algérie fera-t-il vraiment face à la réforme des multinationales du code du travail qui s’internationalise car elle n’est pas propre à l’Algérieou bien n’est-il pas crée pour montrer une lutte démocratique dans notre pays comme l’est actuellement le multipartisme ou le pluri-syndicalisme qui n’aura réussi qu’à cautionner l’atteinte à certains acquis des travailleurs. Remettre en cause les acquis de la retraite du décret 97-13 ou aux droits de grèves c’est condamné le travailleur à l’esclavage. Tous les fronts sociaux crées dans le monde ces derniers temps pour faire face aux réformes des multinationales communes ont tendance à s’essouffler et échouer. En sera-t-il de même en Algérie ? Si c’est le cas ce sera la fin du syndicalisme en Algérie. Va-t-on vers une rentrée sociale parmi les plus chaudes en Algérie pour dire non ne toucher pas à mes acquis sociaux mais penser à les améliorer ou bien le gouvernement s’y est préparé d’avance en introduisant à l’intérieur du front ses partenaires pour l’effriter.Seul l’avenir nous le dira et l’histoire retiendra ceux qui auront trahi les travailleurs. Le front social créé doit s’attendre à des coups de poignard dans le dos de la part de certains de ses membres connus. Le bras de fer gouvernement-front social est lancé et seuls les vrais représentants des travailleurs y resteront mais pour réussir celui-ci doit compter sur un rapport de force suffisant et durable dans le temps car dans d’autres pays qui ont commencé cette lutte depuis longtemps ce n’est pas encore terminé car les multinationales voudront à tout prix adopter leurs décisions car il y va de leur survie et contre le bien-être des travailleurs. Une réussite internationale de tous les fronts donnera espoir aux peuples. Un nouveau défi attendra le travailleur Algérien qui peut sauver le pays des griffes du FMI, de la Banque Mondiale et des multinationales qui veulent appauvrir et exploités les richesses du pays. L’Algérie est un pays riche où le peuple est pauvreà cause des multinationales qui savent que notre pays possède un sous-sol riche qui n’a pas dit tous ses secrets, une côte méditerranéenne non exploitée, une terre agricole encore non utilisé… Le FMI et la Banque mondiale aidé dans leur entreprise par une maffia Algérienne non nationale indigne de nos martyrs nous a obligé à faire dépendre notre économie uniquement de nos hydrocarbures et poussernos gouvernements à choisir la dévaluation de notre monnaie par rapport à toutes les monnaies mêmes celles des pays les plus pauvres du mondepour nous empêcher de relever la tête économiquement, dépendre du FMI malgré notre libération de la dette pour accélérer les dépenses de nos revenues et revenir à grande vitesse à la dette ainsi qu’ à son rééchelonnement. Sommes-nous capables de relever le défi ? Donnons leur chance aux jeunes compétents algériens capables de sauver le pays, les anciens ont fait leur temps et doivent céder la place pour le bien des enfants de l’Algérie et des leurs. Le front-social est une lutte contre les multinationales, celles-ci après avoir dévaluer notre monnaie + de 10 fois plus que nos voisins, après avoir fait plier le gouvernement pour 49/51, après avoir sinistrés l’école, la santé, les voilà sur le chemin de remettre en cause le code du travail et la loi sur la retraite 97-13. Donc l’objectif est clair. Sommes-nous assez mures pour arrêter cela ?

HAKEM BACHIR PROFESSEUR DE MATHEMATIQUES AU LYCEE COLONEL LOTFI D’ORAN

Tag(s) : #Vie Educative

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