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 L’arbre qui cache mal la forêt

le 27.08.16 | 10h00 Réagissez

La participation algérienne aux olympiades 2016 de Rio de Janeiro n’en finit pas de faire des vagues. La fin des Jeux a ouvert le bal à un lynchage en règle des responsables du Comité olympique algérien (COA) et des fédérations.

Bien sûr qu’il faut interpeller les responsables du sport sur la piètre production de notre élite que les deux médailles d’argent obtenues par Taoufik Makhloufi ne masqueront pas. Ce résultat ne reflète-t-il pas la triste et amère réalité du sport algérien ? Fallait-il s’attendre à une importante moisson de médailles ? Dans le contexte actuel du sport national, c’est de la déraison. Nos athlètes ont concouru avec leurs possibilités et moyens qui sont, il faut le dire, à des années-lumière de ceux qui trustent les médailles comme d’autres enfilent des perles de collier.

Le bilan des JO de Rio a renvoyé l’image fidèle de l’état du sport algérien. Il est malade, depuis longtemps, de ses responsables à tous les niveaux, et principalement de ceux qui exercent le pouvoir. Le sport, au même titre que les autres secteurs, a besoin de politique, de stratégies et de compétences pour guider le secteur vers des lendemains meilleurs. Pour l’instant, le sport demeure le parent pauvre par rapport à la plupart des autres secteurs. Sa prise en charge laisse beaucoup à désirer. Le procès en sorcellerie contre X et Y ne fera que plomber davantage le débat sur les voies et moyens d’améliorer la situation un tant soit peu avant qu’enfin l’Etat algérien se départisse définitivement de sa vision étriquée du sport et de son rôle dans la société.

L’exploitation politicienne — de quelque bord qu’elle soit — des exploits sportifs doit cesser pour céder la place à une vraie politique sportive, où la priorité sera accordée à la formation et à la prise en charge de l’athlète de demain. Seule et unique garantie de succès sportifs à long terme.

Le torrent de critiques qui s’est abattu sur le COA, s’il est admis et justifié lorsqu’il émane de citoyens déçus, l’est moins lorsqu’il est l’œuvre de parties prenantes dans tous les malheurs qui ont jalonné l’histoire du sport algérien dans les différentes étapes de son existence. Avant le départ de la délégation à Rio, pas une seule voix discordante ne s’était exprimée pour mettre en garde contre les résultats de nos athlètes. L’unanimisme était de mise, surtout du côté de ceux qui, à des titres divers, s’apprêtaient à voyager au pays de Pelé et de la samba. Remporter des médailles aux Jeux olympiques n’est pas à la portée du premier venu. C’est l’aboutissement d’années de travail effectué dans le cadre d’une politique pensée et surtout pas hasardeuse, comme c’est malheureusement le cas depuis la nuit des temps.

Les exploits des boxeurs Soltani, Moussa, Zaoui et Allalou, des athlètes Boulmerka, Morceli, Benida Merrah, Makhloufi, Saïdi Sief, Saïd Guerni et Hammad, des judokas Benyekhlef et Haddad ne seront pas éternellement l’arbre qui cache la forêt. Alors, ni Amar ni Bouzouar ne sauveront le sport algérien de son funeste destin tracé et programmé par des fossoyeurs cachés derrière les rideaux. N’est-il pas édifiant de constater que la curée a miraculeusement épargné des parties qui assument la première responsabilité dans la conduite de ce secteur, sans oublier ceux qui sont au-dessus et régentent le quotidien et la vie des Algériens ? 

Tag(s) : #Vie Sportive

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