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Réseau des Démocrates

Espace de rencontres et d'échanges d'expériences en vue de construire des alternatives démocratiques et sociales.

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Sous l’olivier n° 368 - Bataille des minima (7) Le principe d’AMB

(Laaziz Ath Ighbane)


Dans notre esprit, nous avions clos cette courte série de chroniques portant sur les minima de participations aux jeux olympiques de Rio. Nous le croyons si fermement que nous avons entamé une autre série sur les relations entre l’athlétisme national et ce que nous pressentons être une partie d’un système généralisé de dopage international qui ne serait pas étatique comme cela est décrit en Russie mais s’inscrirait tout de même dans le cadre d’une organisation où des intérêts étatiques ou privés seraient présents.

En recevant dans notre messagerie un commentaire d’Ahmed Mahour Bacha, nous sommes dans l’obligation de revoir notre programmation. Rendant la monnaie de sa pièce à « Faa Ahmed », pirate des comptes Facebook, nous dirons que le commentaire de Dadi (nous espérons qu’il ne sera pas offusqué par l’emploi de ce diminutif utilisé par ses amis), est d’une importance capitale dans la compréhension des rouages de la pensée de la fédération algérienne d’athlétisme.

Le commentaire ne concerne pas au départ (même si par la suite il y viendra) directement la sélection algérienne puisque Ahmed Mahour Bacha s’est penché sur les mécanismes de la sélection française critiqués et objets de commentaires acidulés sur les réseaux sociaux. Une sélection qui entraîne l’exclusion (selon le décompte présenté) de 47 athlètes (près de trois fois l’effectif retenu par la FAA) ayant réalisé les minima de IAAF et n’ayant pu accomplir ceux décidés par la fédération française d’athlétisme beaucoup plus sévères que ceux de l’instance internationale.

Il relève aussi que la période de réalisation de ces niveaux de performances est plus courte, réduite à sa plus simple expression. Il nous amène à penser que la France ne voulait emmener que les meilleurs des meilleurs (parmi les critères dérogatoires retenons celui-ci : un athlète français n’ayant pas réussi les minima FFA mais classé à la 16ème place mondiale à la date limite est susceptible d’être retenu): un trimestre au lieu du semestre algérien et des trois semestres de l’IAAF.

Une simple addition situe le niveau de performance de l’athlétisme français estimé à une centaine d’athlètes sélectionnables au vu des minima IAAF. A comparer aux 15 Algériens retenus auxquels s’ajoute (sans explications de la part du bureau fédéral ayant statué, jouant sans doute sur les facultés naturelles d’oubli de ceux qui ne sont pas concernés directement et le bonheur de l’athlète et de son entourage) Mohamed Ameur, ce marcheur dont la performance avait été invalidée, déclarée non conforme suite, si l’on en croit les propos tenus à l’époque, d’une distance trop courte. Mahour Bacha argumente, nous le verrons, sans le vouloir ( ?), ce revirement au nom du pouvoir décisionnaire de la fédération.

Ahmed Mahour Bacha s’attribue le droit d’estimer que « certains minima français sont exagérément élevés ». Il précise que d’autres pays de l’Union Européenne (Mahour Bacha cite la Belgique et les Pays Bas) sont encore plus sévères, ce qui aurait conduit à ce que la question soit traitée à la barre des tribunaux. Ceci est (pour nous) anecdotique car le plus intéressant reste à venir.

Il situe le débat sur les critères de qualifications dans le cadre organique, un sujet sur lequel il est intarissable (et sur lequel il n’a pas toujours tort contrairement à ce que l’on peut penser lorsque l’on se positionne uniquement en tant que contradicteur permanent des opinions qu’il émet).

Sa pensée sur cette question a le mérite de la clarté. De plus, il a le bon goût de noter que « la sélection est du ressort des fédérations nationales ». C’est ici que se situe le tournant de son commentaire, lorsque revenant sur le terrain de l’athlétisme algérien, il assène un vigoureux : « Et le dernier mot reviendra de toute façon à la FAA ». Il conclue ce point de vue par un argument revisitant l’histoire de l’athlétisme national : « Comme cela a été le cas depuis la nuit des temps ».

Toujours en restant sur le plan organique, il observe (à juste raison d’ailleurs) que « ceux qui ne sont pas d’accord avec les critères de participation n’avaient qu’à les contester et les amender lorsqu’ils ont été présentés lors de l’assemblée générale ». Relevant que, s’il avait été membre de l’AG, il aurait proposé des amendements et contesté certains points.

Ceci étant acté, nous observerons que cette observation s’adresse aux membres de l’assemblée générale de la FAA (100 à 120 membres statutaires) qui, selon le principe cardinal du fonctionnement des assemblées algériennes, ont acquiescé - à mains levées certainement- aux propositions du bureau fédéral et des organes permanents. Le raisonnement d’AMB se tient sauf que les contradicteurs les plus visibles ne sont pas membres de l’AG et que le droit de débattre leur est dénié. Une autre facette de ce droit qui veut que la critique ne puisse venir que de l’intérieur du système. Avec pour corollaire que ceux qui lui apportent la contradiction sont automatiquement des opposants.

Sa perception de la chose a pour référent idéologique la politique prônée, il y a un quart de siècle, par le président de la FAA d’alors qui cumulait plusieurs casquettes (dont celle de directeur central au MJS et de membre actif de l’AACS -association algérienne des cadres du sport- fort influente à l’époque).

Cette politique pourrait se traduire par le « principe d’Ahmed Mahour Bacha » résumé en ceci : participation réduite (minima élevés) lorsque les dépenses sont prises en charge par la FAA (championnats du monde, championnats d’Afrique, championnats arabes), participation élargie (minima plus faciles) lorsqu’il s’agit d’une prise en charge par le COA (Jeux olympiques, jeux africains, jeux méditerranéens) pour …. «..lancer dans le bain, un maximum d’athlètes afin qu’ils acquièrent de l’expérience ».

Ceci a le mérite de la clarté. Dans cette logique, on concourt aux jeux olympiques pour envisager une médaille aux championnats arabes. Un raisonnement que nous translaterons en : suivre des études postuniversitaires (masters, doctorats) pour réussir au brevet des collèges.

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