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Les riches veulent vivre seuls
 
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Par Christian Sellés. Journaliste. Agence d'Information Solidaire-
Agencia de Información Solidaria
Traduction. Estelle Lantin. Coorditrad, traducteurs bénévoles (*)
 
Le clivage urbain entre riches et pauvres n'est pas qu'un simple fait
de société ; les pays, les organisations et les institutions le
reconnaissent. Ces dernières années, cette séparation s'est creusée
davantage et le nombre d'assimilés au groupe des défavorisés augmente
sans que de véritables mesures soient prises pour l'éviter. A cela s'
ajoute le désir croissant des riches à s'isoler pour créer un monde de
couleurs et de fantaisies ou les problèmes, bien que ce soient ceux
des autres, ne les touchent pas.
 
Les frais engagés dans la sécurité privée en sont la preuve, en
quelques années ils ont augmenté de façon spectaculaire. Au Brésil ses
frais ont atteint 2 millions de dollars par an. La peur des fortunés
est immense et les mesures a prendre sont nombreuses, parfois en
certaines occasions elles sont incroyables : hélicoptères, voitures
blindées et même des costumes pare balles.
 
Au Mexique, la sécurité privée est une source importante d'emploi,
ceci étant elle comporte de nombreux risques. Actuellement, il y a
plus de 30.000 agents de sécurité privée qui veillent sur le sommeil
des riches.
 
Face à ce nouveau phénomène, surgit un nouveau marché qui regroupe les
désirs de défense et de protection. Nous pourrions le cataloguer comme
le « marché de la panique ». Les technologies les plus modernes s'
adaptent pour fournir des services a des 'riches paranoïaques'. Des
caméras de surveillance de dernière génération en passant par des
grilles électrifiées : tout est bon pour se proteger.
 
A Buenos Aires, à cause de l'insécurité provoquée par la crise
économique, les riches se sont dirigés vers la périphérie de la ville.
Ils ont créé les 'quartiers privés' ou ils ont tout ce dont ils sont
besoin a l'intérieur de ces quartiers, des centres commerciaux, en
passant par les parcs, parcours de golf ou lacs pour des activités
nautiques, et même des écoles pour leurs enfants. Ce cas est similaire
a l'autruche qui met sa tête dans la terre pour ne pas voir le danger.
Si je ne vois pas les pauvres, ils n'existent pas.
 
La politique de l'autruche s'accompagne également d'un nouveau style
architectural : Les maisons-forteresses. Les défenses qui décorent les
maisons des riches ressemblent aux résidences des seigneurs féodaux du
Moyen-Age. Les grilles des fenêtres viennent remplacer les fleurs, les
murailles se substituent aux murs traditionnels et les abris des
gardiens inondent les trottoirs. Il y a même des palissades et des
doubles portes. Il ne manque plus que le fossé avec les crocodiles et
les ponts levis.
 
Cependant ce système, en principe défensif, est devenu offensif. Les
murs se terminent en pointes menaçantes qui leur donnent une allure d'
attaque. Si une personne se promene devant une de ces maisons, elle
peut être sure qu'une centaine de paire d'yeux invisibles surveille
ses mouvements et face à un mouvement étrange ou une conduite
inconsidérée et non appropriée, elle aura sur le dos en quelques
secondes une personne qui lui dira qu'elle se trouve sur le mauvais
trottoir. Il n'y a pas de liberté de mouvement.
 
Toute cette paranoïa autour de la sécurité intensifie la fracture
sociale et a pour conséquence d'isoler les marginaux et protéger l'
opulence.
 
L'Amérique latine a un des taux de criminalité les plus élevés mais
ces mesures ne sont pas la solution pour palier aux inégalités
présentes. Des gouvernements avec des mesures sociales efficaces et
des forces de sécurité ne trempant pas dans la corruption sont les
deux piliers essentiels pour un changement.
 
Le riche veut vivre tranquille, tandis que le pauvre ne peut que mal
vivre. Au lieu de réduire la fracture, les positions de certains sont
encore plus fortes et les autres marquant leur territoire et les
espaces pour l'opulence et la misère. Vivre reclus dans un ghetto n'
est pas la solution. La vraie sécurité ne peut que naître dans un
système alimente par la justice sociale et un bien être accessible a
toutes les classes de la société.
 
Contact pour cet article. chselpe@yahoo.es
 
Tag(s) : #Vie Sociale

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