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 FLN Les raisons du silence de Saâdani

En moins d’une semaine, deux ténors parmi les contestataires les plus en vue de Ammar Saâdani se sont succédé pour dénoncer publiquement l’actuel secrétaire général du Front de libération nationale, sans pour autant réussir à faire interrompre les «vacances» de ce dernier ! Curieuse attitude pour celui qui, pourtant, réagit d’habitude au quart de tour, pour beaucoup moins que cela.

Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Pourtant, les adversaires en question sont du calibre à sérieusement inquiéter un secrétaire général de l’ex-parti unique. Il s’agit en effet de deux des plus anciens ténors du parti, en l’occurrence l’ancien ministre Abderrahmane Belayat et l’ancien secrétaire général, ancien président de l’Assemblée et ancien chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem. Deux hommes qui ont une parfaite connaissance des arcanes de la maison FLN et qui, chacun, draine de milliers de partisans parmi la base.
N’empêche, Ammar Saâdani, disparu des radars depuis mai dernier, n’a pas daigné donner la réplique. Mieux, et selon une source sûre, aucune activité publique n’est à l’ordre du jour de l’agenda officiel du secrétaire général. Même après son retour de son long voyage à l’étranger, Saâdani ne se rend même pas au siège du parti à Hydra laissant même le soin à l’autre ténor du FLN, Ahmed Boumehdi de gérer les affaires courantes ! Depuis sa «brutale» intrusion à la tête du parti fin août 2013, Ammar Saâdani a fini par habituer ses proches à ce nouveau genre de gestion, vraiment unique dans l’histoire du parti.
Même du temps où ce dernier était dirigé par de hauts responsables en exercice, comme c’était le cas de Abdelaziz Belkhadem, de Ali Benflis le secrétaire général du FLN se rend régulièrement à son bureau, ne serait-ce que les week-end ou en fin de journée. Sans parler des secrétaires généraux à plein temps, comme l’est Saâdani actuellement à l’image de Boualem Benhamouda et de feu Abdelhamid Mehri qui, eux, y habitaient pratiquement ! Qu’est-ce qui explique alors ce détachement permanent de Saâdani qui est pourtant à la tête d’un parti dont les secousses, les manœuvres, les coups de théâtre, les répliques immédiates de toute agitation en haut lieu sont légendaires ? Une énigme qui, pourtant, reste d’une effarante explication.
Ammar Saâdani le sait mieux que quiconque : prendre la tête du FLN ou la quitter, ne dépend d’aucune espèce d’élection, nécessitant une présence physique de tous les instants, un contrôle permanent de l’appareil, la maîtrise des différents courants et clans qui le traverse, etc. Non, à ce poste là, on y est désigné comme pour une institution ordinaire, un ministère ou un grand corps de l’Etat, ne manquant effectivement que la formalisation par décret présidentiel en bonne et due forme ! Et encore ! Sous Bouteflika, c’est davantage évident.
L’homme s’est imposé président du parti, un président plein et non pas honorifique, depuis 2005, disposant des prérogatives essentielles en vertu même des statuts. La manifestation la plus éclatante de cette domination écrasante de Abdelaziz Bouteflika sur le parti, reste incontestablement le fameux communiqué de la Présidence de la République de l’été 2014 à travers lequel le locataire du palais d’El Mouradia prononçait une véritable exécution politique de l’ancien chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, allant jusqu’à ordonner, dans le même communiqué, à Ammar Saâdani de prendre «toutes les dispositions nécessaires» pour l’exclure de toutes les structures du parti ! Depuis pratiquement l’été 2013, et le coup de force dévastateur de Bouteflika pour imposer le quatrième mandat, jamais la décision politique en Algérie n’a été aussi concentrée et ce, depuis l’indépendance !
Le quatrième mandat et le départ du général Toufik du pouvoir, le 13 septembre 2015 font que tous les pouvoirs, absolument tous, sont désormais concentrés à El Mouradia, ou , plus exactement à… Sidi Fredj et Zeralda, lieux respectifs de résidence et de travail de Abdelaziz Bouteflika. C’est donc de là que tout se décide, y compris pour le sort de Saâdani ou de ses opposants. Ce qui rend les choses plus simples…
K. A.

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