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 Chute des cours du pétrole: Les multiples visages de la crise

le 09.07.16 | 10h00 Réagissez

zoo

Plusieurs membres de l’Opep pourraient emprunter le chemin du FMI, de l’avis même de cette institution.

La Russie s’est mise à vendre ses bijoux pour faire face à la chute des prix du pétrole. En effet, l’Etat russe a lancé la vente en Bourse de 10,9% du géant des diamants Alrosa, qui constitue la première cession d’actifs publics du plan de privatisation décidé par le gouvernement après la chute des prix du pétrole. Le premier producteur mondial de diamants annonce avoir commencé à recueillir les offres des investisseurs pour 802 millions d’actions détenues par l’Etat, selon un communiqué diffusé par la Bourse de Moscou.

Les 10,9% d’actions proposées à la vente correspondent à une valeur de 54 milliards de roubles, soit environ 760 millions d’euros. Selon les sources citées par les médias russes, le résultat de l’opération devrait être connu lundi. Actuellement, le groupe basé en Iakoutie est détenu à 44% par l’Etat fédéral et à 25% par la région de Iakoutie.

Une part de 16% a déjà été mise en Bourse en 2013, mais l’opération avait donné des résultats décevants. L’Etat russe compte utiliser les fonds tirés de l’opération pour ses dépenses budgétaires. Fin 2015, sur fond de crise liée à la chute des cours du brut, le gouvernement russe a décidé de lancer un vaste programme de cessions d’actifs publics pour combler le trou béant laissé dans le budget par la chute des cours du pétrole, qui constitue une grande partie de ses revenus.

Ces opérations devraient concerner, outre Alrosa, les producteurs de pétrole Rosneft et Bachneft. Même si tous les pays pétroliers ont été touchés de plein fouet par la crise de la chute des cours, certains résistent mieux que d’autres. L’Irak, un des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, a d’ores et déjà entamé les procédures pour recevoir les premiers prêts du Fonds monétaire international (FMI).

Cette institution de Bretton Woods vient d’approuver une ligne de crédit de 5,3 milliards de dollars en faveur de l’Irak, secoué très fortement par la baisse des prix du pétrole. Selon les clauses du contrat imposé par le FMI, les autorités irakiennes bénéficieront immédiatement d’un premier prêt de 634 millions de dollars et devront mettre en œuvre des réformes économiques afin d’obtenir les autres tranches du prêt étalé sur trois ans. Cependant, dans un communiqué, le FMI n’a pas caché son inquiétude quant aux «importants» arriérés de paiement accumulés par le pays, qui peine à faire face à ses obligations financières.

En juillet 2015, le Fonds monétaire international avait déjà accordé à l’Irak un prêt de 1,2 milliard de dollars pour l’aider à redresser ses finances publiques. Plusieurs autres membres de l’Opep pourraient emprunter également le chemin du FMI, de l’avis même de cette institution. Dans un récent rapport sur l’Algérie et les monarchies du CCG (Conseil de coopération des pays du Golfe), le FMI a averti que l’Algérie, l’Arabie Saoudite, le Bahreïn et Oman deviendront débiteurs sur la période 2016-2020, leurs besoins de financement devant dépasser les réserves liquides dont ils disposent actuellement.

Les projections de ladite institution prévoient aussi que les budgets de presque tous les pays non membres du CCG seront toujours déficitaires à la fin de la présente décennie. Au Venezuela, membre de l’Opep de l’autre bout du monde, le visage de la crise induite par la dégringolade des cours pétroliers est plus visible qu’ailleurs. Malgré ses abondantes réserves pétrolières, le pays sud-américain sombre : la chute des cours l’a privé de devises et vidé les rayons des supermarchés et pharmacies, suscitant une grogne sociale croissante.

Depuis la chute des cours du brut, amorcée à la mi-2014, le Venezuela traverse une grave crise économique. Près de 80% des produits de première nécessité sont désormais quasi introuvables, avec une inflation de près de 200%, la pire au monde et un surendettement suffocant… le pays est au bord de l’implosion. Signe d’un choc pétrolier ravageur, l’Arabie Saoudite, qui ne s’est jusqu’ici jamais endettée compte tenu des ses importantes réserves en devises, va pour la première fois de son histoire avoir recours au prêts extérieurs.

Le pays a annoncé le mois dernier qu’il allait lancer dès juillet sa première émission obligataire : 15 milliards de dollars. Le comportement dépensier des gouvernements des pays de l’Opep a précipité la banqueroute de plusieurs Etats, plus particulièrement de ceux dont les économies dépendent totalement des recettes des hydrocarbures. Les prix du brut ont perdu environ 60% de leur valeur depuis juin 2014, chutant de 110 dollars le baril à 47 dollars actuellement.
Ali Titouche

Tag(s) : #Vie economique

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