Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Réseau des Démocrates

Espace de rencontres et d'échanges d'expériences en vue de construire des alternatives démocratiques et sociales.

Réseau des Démocrates

MAGHREB NOTE DE VEILLE : Confusion et menaces sur la presse en Algérie

MAGHREB  NOTE DE VEILLE : Confusion et menaces sur la presse en Algérie

24 JUIN 2016 | PAR PIERRE PUCHOT

Jeudi soir, le siège du quotidien El Watan a été encerclé par la gendarmerie. Et les pressions des autorités algériennes sur le groupe de presse El Khabar se poursuivent.

La liberté de la presse est une valeur toute relative en Algérie. Depuis plusieurs mois, elle subit de rudes attaques de la part de la justice et des forces de l’ordre. Jeudi 23 juin au soir, c’est, semble-t-il, l’emblématique quotidien francophone algérien El Watan qui en a fait les frais. Le nouveau siège du journal à Alger a été encerclé tard dans la soirée par un important dispositif policier, a-t-il annoncé sur son site Internet. El Watan affirme que les forces de police ont fermé l’entrée et encerclé le bâtiment. Après avoir attendu pendant près de dix ans que l'immeuble soit achevé, la rédaction d’El Watan avait déménagé ce jeudi dans son nouveau siège.

Madjid SERRAH @Madjid_SERRAH

Maintenant: Le nouveau siège d @elwatan_com encerclé par la police #dz (photos : @MassimoAmazigh @AitMouhoubZouhe)

22:14 - 23 Juin 2016 · Tizi Ouzou, Algeria, Algérie

Selon une source policière citée par le journal en ligne Tout sur l’Algérie, les policiers se sont déplacés sur les lieux pour vérifier si le bâtiment possède le certificat de conformité pour permettre son exploitation: « Ce n’est pas un encerclement. Les policiers sont sur place pour vérifier si le bâtiment en question possède le certificat de conformité ».

LIRE AUSSI

Tout sur l’Algérie affirme par ailleurs que la Direction de l’urbanisme, de la construction et de l’habitat (DUCH) a refusé de délivrer ledit certificat pour deux raisons : la construction de deux étages supplémentaires et une extension qui a « débordé sur un terrain appartenant à l’État », précise le site internet. Vendredi matin, les abords de l’immeuble d'El Watan étaient calmes, sans présence de la police. Le quotidien devrait pouvoir paraître sans problème particulier. En début d'après-midi, la direction d'El Watan n'avait pas rédigé de communiqué. L'équipe du journal est cependant revenue dans les anciens locaux, situés au sein de la Maison de la presse Tahar Djaout, au centre d'Alger, en attendant que la situation se clarifie. Et l'article relatif à l'encerclement des bureaux a été retiré de la page d'accueil du site.

Cet épisode s’inscrit dans un contexte très difficile pour la presse en Algérie. Jeudi, les services de la gendarmerie ont convoqué plusieurs responsables du groupe de presse El Khabar, qui édite le deuxième quotidien arabophone d’Algérie, et de sa chaîne de télévision KBC, dont Zahreddine Smati et Riad Hartouf, président du Conseil d’administration d’El Khabar et producteur de l’émission « Nass Stah » diffusée sur KBC. Zahreddine Smati a été libéré en fin de soirée après avoir été placé en garde à vue par la gendarmerie dans le cadre de l’enquête sur l’affaire KBC, qui produisait deux émissions satiriques désormais interdites. Le directeur de KBC, Mehdi Benaissa, avait été placé en garde à vue quelques heures plus tôt.

Le conflit est larvé entre les autorités algériennes et le groupe El Khabar, racheté au printemps 2016 par le milliardaire Issad Rebrab, âgé de 71 ans. En conflit avec plusieurs proches du président Abdelaziz Bouteflika et un régime qu’il accuse de vouloir « tout museler », Issad Rebrab dispose de la première fortune privée d’Algérie, estimée à 2,7 milliards d’euros. Après le gel du contrat de rachat du groupe El Khabar par NessProd (filiale du groupe Cevital d'Issad Rebrab) décidé le 15 juin par le tribunal administratif de Bir Mourad Raïs, puis la mise sous scellés, lundi, des locaux de l’émission satirique « Ki hna ki nass », il a été demandé à KBC de « s’expliquer sur les autorisations de tournage des deux émissions satiriques » pourtant délivrées par le ministère de la culture, rapporte El Watan.

La situation autour de la presse en Algérie s’est brutalement détériorée cette dernière année. Le 4 mai 2015, le journaliste d’El Watan Zouheir aït Mouhoub, avait publié une enquête faisant état d’un « plan pour fermer El Khabar et El Watan », à laquelle les autorités ont apporté plusieurs démentis.

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article