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Hubert Guillaud | Journaliste, Rédacteur en chef d'InternetActu.net

Caroline Slocock (@carolineslocock), directrice de Civil Exchange, vient de diriger une étude [PDF] en forme de bilan de la « Big Society », cette conception de l’Etat défendue par le parti conservateur britannique de David Cameron en 2010, censée transformer la relation entre l’Etat et la société.

Mais où en est ce programme cinq ans après, interroge-t-elle dans le Huffington Post ? Aujourd’hui, les références à la Big Society ont disparu des sites web du gouvernement britannique.

« Nous sommes plus divisés que jamais »

Des enfants devant Buckingham Palace à Londres, le 27 avril 2011 (LEON NEAL/AFP)

Ce projet de société, qui remonte à la « troisième voie » du travailliste Tony Blair et qui s’appuyait sur une certaine conception de l’innovation sociale, proposait « d’habiliter les communautés et les citoyens et de veiller à ce que le pouvoir soit plus équitablement réparti dans l’ensemble de notre société ».

Si quelques initiatives ont été très positives, la Big Society n’a pas réussi à tenir ses engagements initiaux. Caroline Slocock écrit :

« Tenter de créer une action plus sociale, de renforcer la capacité d’agir des communautés et d’ouvrir les services publics, ces objectifs fondamentaux de la Big Society n’ont pas fonctionné, à quelques exceptions près. La Big Society n’a pas atteint ceux qui en avaient le plus besoin. Nous sommes plus divisés que jamais. »

Pourtant, si le terme de Big Society a certes disparu, ce n’est pas vraiment le cas de ses objectifs, malgré ses échecs, estime Caroline Slocock :

  • les gens souhaitent toujours plus de contrôle sur leurs services publics ;
  • les gouvernements veulent toujours faire plus avec moins et pour cela, ils ont besoin d’élargir leur appui sur la société ;
  • et la démocratie ne peut être revitalisée qu’en partageant de sa puissance avec tous. Le programme One Nation Project [PDF] du parti travailliste est dans la droite ligne de la Big Society.

Mais les politiciens britanniques peuvent-ils livrer une « bonne » Big Society » ?

Pour Carolie Slocock, cela implique d’arrêter avec la gestion du secteur public sur le mode du privé. Le rendement, le choix individuel et la concurrence ne sont pas des politiques pour ceux qui en ont le plus besoin. La Big Society a livré une « course vers le bas », livrant le secteur public à la domination de grands acteurs du secteur privé, à un quasi monopole qui s’est révélé bien peu transparent et bien peu responsable. Et qui n’a pas permis d’atténuer les lacunes du système éducatif, ni les inégalités du système de santé.

Plus de collaboration

Seul un modèle basé sur la collaboration plutôt que la concurrence sera à même de mobiliser les forces sociales pour fournir une meilleure santé ou une meilleure école.

Pour réussir, il faut aussi partager et transférer plus de pouvoir et faire fonctionner les choses de manière plus collaborative. Enfin, un meilleur ciblage des publics est également nécessaire. Il faut concentrer le soutien là où le besoin est le plus grand, là où les communautés sont les moins aisées, les plus défavorisées, où les coupes dans le service public et le secteur associatif ont été les plus dures. Elle doit parvenir à mieux soutenir la société civile pour la renforcer plutôt que l’affaiblir.

Enfin, il faut aussi envisager un changement fondamental dans le rôle que joue le monde des affaires et lui assigner un objectif qui sert la société, qui aille plus loin que les programmes de responsabilité sociale des entreprises.

Tag(s) : #Vie Sociale

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