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L’œil qui vous suit partout....

    Cas de conscience 
    
    Il y a très longtemps, maître Fuji
  dirigeait le monastère de Huan dans 
  la province de Feng-Liu, au milieu de
  nombreux disciples. Ils avaient
  l'habitude de vivre des donations et 
  de l'obole des riches citadins. Mais 
  le temple était ruiné et les élèves
  implorèrent leur maître de trouver 
  une solution.
    
    - On ne peut plus passer notre temps
  à méditer et étudier. Il faut passer à
  l'action, dit-il.
    
    - Mais aucun d'entre nous n'a jamais
  travaillé, firent remarquer les élèves.
    
    - C'est pourquoi j'ai pensé à 
  une solution plus simple et surtout 
  plus rapide, révéla maître Fuji.
    
    Tous les moines firent cercle autour
  de lui pour entendre ce qu'il avait à
  leur dire.
    
    - Chacun d'entre vous va se rendre en
  ville et y voler tous les biens qui
  pourront être revendus. De cette manière, 
  nous arriverons à nos fins et les murs 
  du temple seront reconstruits en un rien 
  de temps.
    
    Les étudiants n'en croyaient pas
  leurs oreilles, mais comme ils révéraient 
  leur maître, ils ne firent 
  aucune observation.
    
    Fuji ajouta, sur un ton plus
  sévère :
 
    - Le monastère a une excellente
  réputation. Je tiens à ce qu'il la
  conserve. Aussi, faites bien attention
  à voler sans vous faire prendre. 
  Un acte illégal et immoral doit être
  commis sans que personne ne vous voie.
  Surtout, ne vous faites pas prendre.
    
    Quand les moines furent entre eux,
  ils se mirent à discuter :
    
    - C'est très mal de voler, disaient
  les uns
    
    - oui, mais si le maître nous
  l'ordonne, c'est différent,
  prétextaient les autres... Voler pour
  refaire les murs du temple, c'est agir
  pour la bonne cause.
    
    Ainsi, tous s'accordèrent sur le fait
  que le maître savait ce qu'il faisait
  et qu'il devait avoir de bonnes raisons
  pour les encourager à commettre un acte
  illégal et immoral.
 
    Avant de descendre en ville pour
  dérober tout ce qu'ils y trouveraient,
  ils se firent la promesse qu'aucun
  d'entre eux ne seraient pris.
    
    Tous les étudiants revinrent de la
  ville avec leur butin, sauf un. Maître
  Fuji s'approcha de lui et lui demanda :
    
    - Toi. Pourquoi reviens-tu bredouille?
    
    Le moinillon répondit : 
    
    - Je n'ai pas pu suivre vos
  instructions, maître. Chaque fois que
  je m'apprêtais à voler, des yeux me
  suivaient. Partout où j'allais, j'étais
  épié. Je me voyais moi-même sur le
  point de commettre un acte illégal et
  immoral.
 
    Alors maître Fuji ouvrit les bras
  pour accueillir l'étudiant :
    
    - Toi seulement a réussi à passer
  avec succès l'épreuve que je vous ai
  fait endurer.
    
    Des années après, ce petit moine
  devint un grand maître et remplaça Fuji
  à la direction du monastère.
       
  .........................................................
 
    Ce qui rend un acte illégal, c'est
  l'irrespect d'un texte de loi. Mais ce
  qui le rend véritablement immoral ou
  ignoble, c'est le sentiment qu'il nous
  procure. Quand on fait le mal, la
  plupart du temps, on sait qu'on est en
  train de commettre un acte
  répréhensible. 
 
    Ecoutez cette petite voix, 
  faites-lui une place dans votre coeur... 
  elle peut vous être très utile. Il est
  difficile à l'oeil de l'âme de se voir,
  mais quand il parvient à faire cette
  réflexion sur lui-même, il devient sa
  propre boussole et ne se trompe presque
  jamais.
    
    "Ce que nous appelons mauvaise
  conscience est en fait la bonne
  conscience : c'est la vertu qui se
  dresse en nous pour nous accuser." ~ 
  Théodor Fontane
Tag(s) : #La voix des poètes et des conteurs

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