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Haddad élu unanimement à la tête du FCE Quand le patronat veut accéder au pouvoir décisionnel

le 29.11.14 | 10h00 Réagissez

Le nouveau président du Forum des chefs d’entreprises, Ali...

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Le candidat a recueilli l’unanimité des votes à main levée des membres du FCE présents à l’assemblée
générale élective. Sur les 366 membres que compte aujourd’hui l’organisation patronale, 246 ont pris part à l’AGE, directement ou via des procurations, au nombre de 44.

Sans surprise, Ali Haddad a été élu, jeudi, président du Forum des chefs d’entreprises. Plus qu’une élection, c’est un plébiscite. Le candidat à la succession de Réda Hamiani a recueilli l’unanimité des votes à main levée des membres du FCE présents à l’assemblée générale élective.
Sur les 366 membres que compte aujourd’hui l’organisation patronale, 246 ont pris part à l’AGE, directement ou via des procurations, au nombre de 44.

Une élection précédée, d’ailleurs, par «l’aménagement» de quelques articles des statuts du FCE, ainsi que de son règlement intérieur. Des amendements qui permettent désormais de porter le mandat du nouveau président du FCE de deux à quatre ans renouvelable une seule fois, et de revoir certaines questions organiques, liées notamment au fonctionnement du conseil exécutif et du conseil d’orientation stratégique, ainsi que les obligations des membres en termes de présence aux réunions, assemblées générales et manifestations.

Il s’agit aussi de réformer le système des cotisations en introduisant un barème des cotisations allant de 200 000 à un million de dinars selon l’effectif employé par chaque membre du FCE. Le tout étant, bien entendu, d’imposer dès maintenant le «style Haddad». Un style qui tranche avec celui de ses prédécesseurs et passe par une institutionnalisation du FCE qui n’était, jusque-là, qu’un espace de réflexion et de proposition.

Celle-ci se reflètera par la réalisation d’un siège pour l’organisation. Projet pour lequel Ali Haddad a décidé de verser une dotation de 15 millions de dinars sur fonds propres. L’institutionnalisation du Forum passe également par le recentrage des pouvoirs de son président. Une fonction qui sera désormais marquée du sceau de «l’alternance». Difficile de ne point faire le lien avec le discours politique ambiant.
L’ère Haddad sera justement celle de la proximité assumée avec le pouvoir politique.

Une proximité revendiquée par le nouveau patron des patrons et qui imprègne le premier discours du président fraîchement élu. Celui qui n’hésite pas à mettre en avant l’histoire révolutionnaire familiale, en gage de patriotisme, insiste sur la contribution du secteur privé national dans le développement économique du pays. Les 20 milliards de dollars de chiffre d’affaires réalisés par les entreprises du FCE, lesquelles emploient un effectif total de 200 000 personnes en sont, selon lui, la meilleure preuve.

M. Haddad estime qu’il faut soutenir l’entreprise et que l’organisation patronale continuera à travailler avec les pouvoirs publics dans ce sens. C’est dans ce contexte, d’ailleurs, qu’il s’est prononcé sur l’une des questions règlementaires qui intéressent le plus le patronat : la sacro-sainte règle des 51/49%. Là encore, M. Haddad ne s’éloigne pas du discours politique, estimant que celle-ci devra être maintenue pour les secteurs stratégiques à l’image des hydrocarbures, du transport, des services de l’eau, les banques et assurances ainsi que les TIC.

Il estime néanmoins que l’ouverture est urgente pour certains secteurs, à l’image du textile et du tourisme. En tout état de cause, le plaidoyer de Ali Haddad laisse entrevoir la volonté du patronat privé de peser ouvertement sur des politiques économiques publiques assises sur la redistribution de la rente.

Basculement du pouvoir

L’élection de jeudi formalise ainsi un mode de fonctionnement jusque-là informel et non reconnu. Elle exprime aussi la volonté des milieux d’affaires d’accéder au pouvoir décisionnel. Une situation qui pourrait d’ailleurs concrétiser le basculement des centres de pouvoir réel. L’attitude du nouveau patron des patrons, jeudi, illustre parfaitement cet état de fait. Fort d’une élection à l’unanimité, consolidé par une centaine d’adhésions au Forum depuis l’annonce de sa candidature (les membres sont passés de 240 à 366), Ali Haddad se dit «blindé».

L’attrait du pouvoir y est certes pour beaucoup. L’homme, habituellement réservé, semble parfaitement à l’aise dans son nouveau rôle d’homme public. Il lance d’ailleurs cette petite phrase loin d’être anodine à ses détracteurs : «Je n’ai peur de personne.» Il souhaite également endosser le rôle du rassembleur. Il invitera non seulement les membres démissionnaires du FCE à revenir au bercail, mais il s’affairera aussi à l’élargissement des réseaux du FCE. Société civile, expertise, réseaux d’entreprises contribueront à renforcer l’influence de l’organisation patronale.

A ce titre, Mohamed Baïri, vice-président du FCE et réputé proche de Ali Haddad, nous explique qu’un conseil exécutif devrait se tenir dès la semaine prochaine afin de valider un plan d’action qui s’appuiera également sur le dialogue avec la société civile ainsi que sur la contribution d’experts.

De son côté, Mohamed Laïd Benamor, vice-président du FCE et président de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie, évoque les synergies à venir entre le FCE et la CACI. Il s’agit, selon lui, d’aller vers toutes les entreprises, qu’elles soient grandes ou petites, et de sortir de la capitale pour aller vers les entrepreneurs de l’intérieur du pays. Le costume est taillé «à sa mesure», espèrent certains…

L’indice de confiance des patrons en nette hausse en octobre

L’indice de confiance des chefs d’entreprise en Algérie a enregistré une nette progression au cours du mois d’octobre, comparativement au mois précédent, indiquait, jeudi, l’étude mensuelle du Forum des chefs d’entreprises (FCE).

L’indice de confiance calculé pour le mois d’octobre est remonté de 12 points, quittant ainsi la zone négative, pour atteindre la valeur charnière de «zéro», indique le document.

Cette valeur, qui était dans la zone négative depuis plus d’un an, est calculée sur la base de trois critères portant sur les perspectives de production, le volume des commandes et le niveau des stocks et résulte d’une comparaison avec ceux des principaux partenaires de l’Algérie.

Une hausse de 16 points est observée pour le niveau des commandes et les perspectives de l’emploi et de 11 points pour le stock et les perspectives de production pour le prochain trimestre. Ainsi, la conjugaison des trois facteurs que sont les perspectives de production, le volume des commandes et le niveau des stocks donne un indice de confiance des chefs d’entreprise, tous secteurs d’activité confondus, en progression de 12 points en octobre par rapport à septembre.

Cette valeur, qui avait stagné à -18 en juin et juillet, a progressé régulièrement pour atteindre en octobre la valeur «zéro», note le FCE. L’étude des indicateurs sectoriels fait ressortir la poursuite de la reprise des activités de services avec un indice positif ces deux derniers mois (+10 en septembre et +17 en octobre).

L’indice des industries agroalimentaires (IAA) passe de -50 en septembre à zéro en octobre, alors que les industries manufacturières autres que les IAA et le BTPH persistent dans la morosité avec des indices toujours négatifs, malgré des hausses respectives de 10 et 6 points.

Quant aux régions, elles affichent des indices de confiance (tous secteurs d’activité confondus) positifs avec +1 pour la région Centre et +3 pour les régions Ouest et Est. R. E.

Tag(s) : #Vie economique

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