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C'est le laxisme et l'irresponsabilité des autorités et de beaucoup de dirigeants qui ont abouti à ce résultat funeste.


1- En 1965, match de coupe d'Algérie au 20 Août-Alger, entre le MCA et le MCO. Metrah, demi-gauche du MCA, agresse délibérément Boudjellal du MCO par un violent coup de pied au rein. Ce dernier passera 15 jours à l'hôpital, après une bagarre générale et arrêt du match par l'arbitre. La ligue rigoureuse à souhait et sans complaisance, suspendit dans les 48 heures, les clubs jusqu'à la fin de saison. Le MCA rétrograda, le MCO y échappa in-extremis, ayant engrangé beaucoup de points auparavant.
2- En 1968, match de coupe d’Algérie, à Castiglione (Bou-Ismaïl), entre l'OM Ruisseau et le Mouloudia de Cherchell. Le terrain neutre était équidistant entre Alger et l'antique Césarée 50 km). L'OMR remporta le match palpitant sur le score de 4-3, des supporters déchaînés de Cherchell accusant de partialité l'arbitre international, Abdelkader Aouissi, posèrent un guet-apens au malheureux referee, à la sortie «Est», vers Alger. Une grosse pierre fit éclater le pare-brise de la voiture et heureusement le projectile atteignit de face l'arbitre dont le nez fut cassé. Il passera quelques jours à l'hôpital. Le Mouloudia de Cherchell qui jouait sur terrain neutre, hors de son stade et loin de sa ville, subissait la sentence impitoyable de la ligue : suspension jusqu’à la fin de saison. Il rétrogradera en division inférieure.
3- En 2013, en finale de la coupe d'Algérie l' USMA l'emporte, le MCA refuse de monter à la tribune officielle, mauvais perdant et trop gâté par l'argent de notre pétrole depuis 35 ans. Seuls le président, l'entraîneur Menad (éducateur et universitaire), Babouche (capitaine) et Chaouchi sont sanctionnés, l’entraîneur et les joueurs pour 2 ans et le président radié à vie. Ces insurgés représentaient un club qui était entièrement responsable de cette grave entorse protocolaire, surtout que même le ministre des Sports, par faiblesse, était allé les supplier, dans les vestiaires, vainement, de monter à la tribune officielle.

Le MCA aurait mérité d'être exclu de la compétition de la Coupe pour deux années. Et que dire de ces fossoyeurs du football et pyromanes en même temps, qui trouvaient les sanctions lourdes et qui intercédaient pour leur réduction!

Maintenant revenons au pays de la figue de Barbarie où un barbare sanguinaire criminel se terre quelque part mais il ne saura point errer longtemps comme Caïn. Il se verra vite débusqué par nos fins limiers. La peine capitale ou la perpétuité l'attendent, logiquement, légalement. Le laxisme, la complaisance, l'irresponsabilité, émergèrent de la bouche de Kerbadj, président de la Ligue de football, quelques instants après le meurtre du valeureux et regretté Ebossé. Il déclara, inconsciemment, «la JSK n'est pas responsable !»

Et tout ce déluge de pierraille sur le terrain, tel Pompéi sous le feu du Vésuve! La morale et l'éthique voudraient que Hannachi, président de la JSK, et Kerbadj, remettent leur démission et que le terrain du club soit fermé pendant deux années et que la tribune officielle de ce stade maudit soit baptisée du nom d'Albert Ebossé Bodjongo. Beaucoup de dirigeants, dont Hannachi, fort en gueule, critiquaient la sanction du huis clos. Elle devrait être appliquée cette fois-ci pour tous les clubs jusqu'à la fin de saison. Revenons à la rigueur d'antan, à l'extrême sévérité de jadis (sixties-seventies) et aussi rabaisser ces salaires indécents, immérités amplement, pour des spectacles ennuyants et rebutants. Des millionnaires qui ne peuvent restituer la contrepartie salariale en étant d'un apport qualitatif à l'équipe nationale (près de 400 professionnels surpayés en ligue 1dont chaque année émergent 2 ou 3 joueurs susceptibles d'être sélectionnés en EN. La mort du buteur assassiné devrait servir au moins à la reconstruction de fond en comble de notre football (mentalité, culture footballistique, gestionnaires de haut niveau, formateurs et éducateurs de haut niveau).

Rachid Mekhloufi, le meilleur palmarès algérien en tant que joueur et entraîneur, déclarait en 1997 : «Quand j'entends parler du professionnalisme, cela me fait sourire.» Soudain un avocat de métier (du diable), lui tomba dessus par des propos irrévérencieux. C'était le profane qui s'attaquait au grand connaisseur. Rachid Mekhloufi avait non seulement raison d'autant plus que notre football amateur battait de l’aile (organisation empirique, improvisation, c'était la foire aux cancres...). Il fallait d'abord remettre à niveau ce football amateur, mentalement et administrativement!

Deux anecdotes vécues par notre football, mais d'une manière honteuse et burlesque à la fois. En 1985 ou 86, notre EN s'était déplacée en Suisse pour un match amical qui n'était pas programmé car jamais confirmé par le pays de l'horlogerie et de la ponctualité. Personne n'attendait nos Algériens à Genève. Ils retournèrent penauds et confus en Algérie (incroyable mais vrai !)

Dans les années 90, l'entraîneur Hervé Revelli, l'un des 3 meilleurs buteurs de l'histoire du football français entraînait le MCO dont le président était le regretté Kacem Elimam, se déplaça avec son équipe à Sidi-Bel-Abbès pour affronter l'USMBA. A l'arrivée au stade, on leur indiqua que leur vestiaire était déjà occupé par un autre MCO présidé par Djebbari et coaché par un entraîneur algérien (Benmimoun ?). Deux équipes du MCO, deux présidents, deux entraîneurs ! Ce sont deux cas qui relèvent de la psychanalyse et on a le toupet d'évoquer le professionnalisme! Amateurs on pratiquait de l'amateurisme marron ! Enfin, on s'incline tristement à la mémoire du héros camerounais abattu par un Méphisto du stade.
Saïd Boukhelifa

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