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le 20.07.14 | 10h00 Réagissez

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Bertrand Piraudeau est docteur spécialisé en géographie du sport et chargé de cours à l’université de la Rochelle. Il a coordonné l’ouvrage collectif de chercheurs en sciences sociales, Le Football brésilien, regards anthropologiques, géographiques et sociologiques (aux éditions de l’Harmattan). L’auteur nous explique pourquoi le football, au Brésil, est une culture à part entière qui préoccupe toute la société.

- On aurait pu craindre que les tensions sociales viennent parasiter la compétition et détériorer l’atmosphère après l’échec du Brésil. Or, cela n’a pas été le cas. Avez-vous été, au final, surpris par l’allégresse qui s’est emparée de la société brésilienne pour ce Mondial ?

Surpris, non. Le football est le «sport roi» et une passion intergénérationnelle au Brésil. Le pays s’est beaucoup investi dans la mise en œuvre du Mondial. Les Brésiliens ont conscience que cette compétition a un rayonnement international. Une partie de la population voulait à cette occasion faire entendre ses revendications légitimes sur les insuffisances des services publics (santé, éducation…).

- Au Brésil, l’équipe nationale crée autour d’elle l’union sacrée et fait taire les rivalités entre clubs. Pourquoi ce phénomène est-il plus exacerbé qu’ailleurs ?

La Coupe du monde de football organisée au Brésil est une parenthèse dans la vie footballistique brésilienne. Les supporters des clubs «respirent» quotidiennement le football (drapeau, blason, maillot…). Ils vivent pleinement les compétitions nationales, mais quand la Coupe du monde débute, ils soutiennent leur équipe nationale. La réussite sportive de la Seleçao (20 participations en 20 éditions dont 5 victoires au Mondial) participe entre autres à enthousiasmer et unir les Brésiliens autour de leur sélection nationale et à atténuer, le temps de la compétition, les rivalités entre clubs.

- En quoi ce pays est-il un espace spécifique dans le système international migratoire des footballeurs professionnels ?

Le Brésil est le premier pays exportateurs de footballeurs au monde. L’ensemble des clubs professionnels brésiliens détectent, forment et vendent des footballeurs jeunes ou confirmés aux clubs internationaux les plus offrants. L’Europe (Allemagne, Italie, Espagne, France, Portugal…) est l’une de ces destinations. Depuis une dizaine d’années, le Brésil voit un millier de joueurs migrer, chaque saison, vers des clubs étrangers. Les transferts des footballeurs sont donc devenus un élément structurant des budgets des clubs brésiliens.

- Les Brésiliens aiment quand leur équipe nationale leur ressemble. Ceci explique-t-il l’extrême popularité de Neymar ?

Neymar est un joueur extrêmement talentueux et charismatique. Pelé, Garrincha, Zico, Socrates, Romario, Ronaldo…, les Brésiliens adorent les artistes du ballon rond. Il incarne en 2014 un jeune et courageux footballeur brésilien (22 ans) qui défie, dans son pays, les plus grandes équipes du monde. Neymar écrit au présent l’amour que les Brésiliens portent au football.

«La réussite sportive unit les Brésiliens»
Tag(s) : #Vie Sportive

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