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le 16.04.14 | 10h00 Réagissez

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Une femme, âgée de près de 40 ans, attend dans son véhicule récent, guettant d’éventuels clients à transporter de Aïn Smara vers Constantine.

Elle n’est pas chauffeur de taxi réglementaire, mais… clandestin ! Elle travaille donc dans l’illégalité. Son nom est Azza B. Nous sommes montés dans son véhicule en tant que client, avant de décliner notre identité de journaliste voulant en savoir plus sur les raisons l’ayant poussée à exercer ce métier, plutôt d’habitude réservé aux hommes. «C’est par nécessité que j’ai bousculé toutes les traditions, bravé les interdits et les risques inhérents à cette activité. Et je vous avoue d’ailleurs que j’y trouve de la satisfaction, sachant que d’une part j’y fait de bonnes recettes et d’autre part je découvre les gens», nous confie-t-elle.

Notre interlocutrice nous raconte aussi comment elle a découvert ce métier : «Un jour où je me trouvais dans mon véhicule très tôt le matin à proximité des taxis de la cité Boussouf, j’ai été accostée par une dame qui m’a demandé de la conduire en ville ; ce que j’ai fait de bonne grâce, mais quelle fut ma surprise quand la dame m’a glissé dans la main un billet. J’ai refusé, mais devant son insistance et ses arguments, à savoir que toute peine mérite salaire, j’ai fini par accepter. Je suis partie dans un état d’esprit à la fois confus et satisfait. Je venais de réaliser ma première recette en tant que transporteur; ça a été le déclic, c’était l’opportunité à ne pas rater pour gagner ma croûte.» Elle poursuit, néanmoins, son aventure mais non, avoue-t-elle, sans un pincement au cœur, car il faut dire qu’elle a un niveau de scolarité appréciable.

Elle a aussi, affirme-t-elle, effectué un apprentissage en électronique, ce qui lui a permis de retaper des appareils électroménagers pour des particuliers. Elle a même installé des antennes paraboliques pour des gens. «Mais c’était limité, car mes parents ont toujours été contre toute forme d’activité», regrette-elle. Du «protectionnisme» mal placé, selon elle. Néanmoins, à côté des quelques satisfactions, il y a les déboires que l’on devine dans ce métier rarement pratiqué par une femme dans cette région, à commencer par les comportements «machistes, irrespectueux et provocateurs» de certains clients. Ces derniers vont même jusqu’à l’insulter ou lui lancer des propos indignes. Même ses «collègues», les autres chauffeurs de taxi la regardent d’un mauvais œil. Ils voient en elle une intruse et une concurrente déloyale. «Je pourrais les comprendre s’ils avaient la même attitude avec les autres fraudeurs hommes, mais ils en ont après moi parce que je suis une femme», déplore-t-elle.

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