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Cela commence à bouger

 

Avez-vous remarqué – mais bien sûr que vous n’avez pas manqué de le faire – toujours, à l’approche des élections présidentielles, tout le monde se réveille et s’agite.

Les politiciens dont nul n’a jamais entendu parler, profitent de l’embellie provoquée par le pouvoir pour créer, aux moindres frais, un nouveau parti dont la charge sera de noyer tous les « poissons », en provoquant une inflation de candidatures.

 

Les politiques ayant pignon sur rue, depuis belle lurette, et qui ne se manifestent qu’à quelques encablures de l’échéance finale ; et enfin, les mouvances politiques qui comptent encore, malgré toutes leurs avanies.

Dans ce remue ménage, les démocrates ne sont pas demeurés en reste et ont donné de la voix, bien que leurs voix soient devenues si « ténues » avec le temps, qu’Abdelkrim Djaad ait appelé le Président Liamine Zeroual à élever la sienne, pour rendre ces « voix ténues », plus perceptibles et audibles.

Pourquoi par elles mêmes, ne sont-elles pas, plus audibles et, à la limite, crédibles ? C’est une question capitale que de mettre à nu les raisons de cette progressive disparition, de cet inexorable reflux de forces qui, au cours des années 70, comptaient et avaient droit au chapitre ?

Les manifestations de la mouvance démocratique que nous avons relevées, tiendraient plus du symbolique et du circonstanciel que du politiquement durable, si elles venaient à suivre les voies que d’autres initiatives ont prises auparavant, telles que le FSA ou la CNCD, pour ne citer que celles là.

 

Renaissance du RAIS

 

En quelques jours, l’on a vu renaître de ses cendres, un phénix d’antan, le RAIS (Rassemblement des Artistes Intellectuels et Scientifiques), devenu, pour la circonstance et les nécessités de l’ouverture démocratique, Forum des Artistes, intellectuels et Scientifiques.

Cela nous donne FAIS.

Mais faire quoi lorsque le PAGS, disparu dans la tourmente des redressements intempestifs orchestrés par le pouvoir, essaie de relever la tête, en prenant, au travers de ses démembrements épars, souvent en désaccord les uns avec les autres, de multiples initiatives semblant être autant de fuites en avant, plutôt que d’efforts de réelle et franche reconstruction.

Depuis l’époque du redressement fatal, une évolution culturelle et sociale frénétique s’est produite, et la société profondément transformée, fut accablée de multiples déchirements. Les équations d’hier ne fonctionnaient plus avec les termes nouveaux enfantés par une société ébranlée, dont les repères avaient changé.

« Tout avait changé de pôle et d’épaules », comme l’avait chanté Léo Ferré et rares étaient ceux qui continuaient à jouer leurs rôles. Reconstruire sur ce fatras de peurs rentrées, de déceptions et de fuites diverses et faire comme si le temps s’était immobilisé devenait un véritable leurre, une escroquerie, un mensonge vis-à-vis des morts et des vivants. Alors on fait comme si tout était à nouveau possible et que les recettes d’hier pouvaient avoir encore quelque validité pour résoudre les problèmes d’aujourd’hui.

 

Le Rassemblement de gauche

 

Quelques jours plus tard c’est au tour du Rassemblement de gauche de prendre la parole, autour du livre que Hocine Bellaloufi consacra à la démocratie.

« La question démocratique en Algérie aujourd’hui », tel fut le thème de cette rencontre avec comme argumentaire le texte suivant :

« Les forces politiques et sociales qui inscrivent la revendication démocratique dans leur combat ne seront guère en mesure de peser sérieusement sur l’échiquier politique à l’occasion de l’élection présidentielle d’avril prochain. Entre un impossible boycott et la présentation d’un ou de plusieurs candidats de témoignage, il ne leur restera très certainement, en définitive, que le choix de l’abstention ou du vote nul.

Une telle absence ou marginalité s’avère d’autant plus dommageable que toute l’actualité politique nationale (précampagne présidentielle, débat sur la place et le rôle du DRS dans la vie politique, affrontements de Ghardaïa, grève dans l’éducation et explosions locales récurrentes…)et régionale (Tunisie, Libye, Mali, Egypte…) souligne l’urgence d’une alternative démocratique.

Mais peut-on bricoler en quelques semaines un semblant de réponse politique à même d’incarner une alternative ? Peut-on espérer rattraper en un laps de temps aussi court le travail qui n’a pas été effectué, ou qui l’a été insuffisamment durant les années précédentes ? Cela est fort peu probable.

Le but de cette rencontre-débat sur la question démocratique n’est pas d’occulter la présidentielle et l’actualité politique immédiate mais de tenter de prendre le recul nécessaire afin d’amorcer un débat et une réflexion de fond sur la perspective démocratique en vue d’instaurer un régime qui soit l’émanation de la volonté populaire librement exprimée. Car il n’existe pas de raccourcis ni de miracles en politique. L’activisme aussi généreux soit-il et les trouvailles tactiques aussi intelligentes qu’elles apparaissent ne peuvent se substituer à la compréhension claire et sérieuse du contexte politique et à la définition d’une stratégie adéquate vérifiée et revérifiée constamment par la pratique. »

 

Le débat mit en évidence le fait que, seul un programme d’éducation populaire, redonnera confiance en l’avenir, en accordant la priorité à la formation des jeunes ; formation et jeunes, fortement négligés pendant plus de vingt ans.

En termes d’effectifs, les deux réunions ont du regrouper un peu plus de soixante personnes, certains ayant participé aux deux événements. Faible proportion de jeunes.

Pratiquement tout le monde sait que la reconquête politique passe, à gauche, par l’action au niveau des masses et de leurs luttes concrètes.

En son temps, le volontariat des années 70 en est l’illustration et nous enseigne de ne pas faire de la théorie pour la théorie, comme d’autres feraient de l’art pour l’art, mais de la théorie pour éclairer la pratique. Et cette pratique, au contact d’acteurs en lutte, proches des problèmes et enjeux réels, et non plus fantasmés idéologiquement. L’ensemble ayant besoin d’être théorisé pour inspirer et nourrir de nouvelles actions, devant provoquer du changement, porté par des travailleurs, des syndicalistes, des intellectuels, des  artistes, des journalistes ou de jeunes à la confluence de plusieurs mondes, jeunes penseurs, romanciers, peintres, poètes, essayistes et créateurs.

 

Et pourquoi pas une rencontre des deux initiatives

 

L’idée ayant suscité ces réflexions est de travailler à l’union, au rassemblement de ces deux initiatives, non pour le plaisir de parvenir à leur donner une consistance organique, mais bien d’unifier, par l’action concertée, des rangs, jusqu’alors fortement dispersés. D’élaborer et mettre en œuvre, ensemble, des projets communs, portant du changement concret.

Le réel et la pratique n’ont cessé de nous enseigner que le travail sectaire ne pouvait produire que de la division et la fossilisation des initiatives qui, parvenues au bout de leur logique, finissent par perdre l’élan, l’énergie et les ressources mobilisées pour produire du changement. Elles finissent par tourner en rond et disparaître.

Rien ne s’oppose à ce que les deux initiatives se rencontrent pour tracer les contours d’une carte des actions et projets à mener d’un commun accord en matière d’éducation populaire, tout en maintenant l’identité et l’originalité de chacune d’entre elles, si nécessaire.

Un programme d’éducation populaire visant la formation civique, politique, politique, économique et culturelle de jeunes militants, engagés pour la réalisation de l’alternative démocratique et sociale.

SMB. Février 2014

 

Tag(s) : #la vie politique

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