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par M. Arab Izarouken

 

Le plan

 

  • Qu'est ce qu’une association ?
  • Points de repères dans l’histoire du mouvement associatif en Algérie
  • Quelques données actuelles
  • Observations et interrogations : association et alter mondialisme

 

1- Définition

Association :

"convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun, d'une façon permanente leurs connaissances ou leurs activités, dans un but autre que de partager les bénéfices"

Le principe de la liberté d'association a été mis en œuvre par la loi du 1er juillet 1901, pour la France et les pays sous domination coloniale.

         En Algérie,

C’est la loi 90-31, relative aux associations, (une reprise de la loi de 1901 avec des restrictions) qui structure aujourd’hui le mouvement associatif.

 

  • A noter que les associations sont un phénomène constitutif des sociétés modernes. Ainsi, le secteur associatif, non lucratif, représente 3,4% de l'emploi total dans les pays développés.

 

2- Points de repères dans l’histoire du Mouvement associatif

 

2.1. La période précoloniale :

Des formes endogènes d’associations

Les formes endogènes que prennent ces mouvements sont de trois types :

  • la «Zaouia » (confrérie religieuse)
  • la «Djemâa » ou des formes d’organisation similaires (Oumanas, au M’zab)
  • la corporation (métiers).

2.2. La période coloniale (et loi 1901) :

l’associationnisme moderne 

Cohabitation de 2 formes d’associations : les associations traditionnelles, et les associations « de fait » créées dans le prolongement d’organisations fondées en France  avec loi de 1901 acquièrent statut de personne morale.

 

 

02 types d’associations coexistent :

  • Des associations mixtes

Trois lieux qui favorisent cette mixité : Ecole, syndicat et à un degré moindre, l’armée coloniale.

  • Des associations à base ethnique

2.3. De l’indépendance aux années 80 :

«Organisations de masse contre associations»

1962 : La loi de 1901, en vigueur durant la période coloniale, a été formellement reconduite, à l’indépendance, par la loi du 31 décembre 1962.    

1964 : Restrictions à la loi 1901 ; de 62 à 71 une cascade de dissolutions       d’associations

1971 : Double agrément exigé (association sportive, professionnel, sociales, parents d’élèves…) : le mouvement associatif est mis sous tutelle des organisations de masse et les unions professionnelles, lesquelles sont sous contrôle du complexe Etat/Parti.

2.4. Milieu des années 80 :

« Ouverture contrôlée »

         Des éléments de repère dans le contexte de l’époque :

  • Chute des prix du pétrole : Difficultés financières…, crise dans le pays.
  • Naissance de certaines associations révélatrices des nouvelles tendances qui se   dessinent au niveau de l’Etat. Deux cas pour l’exemple :
    • La ligue des droits des l’Homme (LADH), fondée en 1987,
    • L’Association algérienne de planification familiale (AAPF),
  • La loi de 1987 sera très vite dépassée. (une année  tout au plus).

2.5. Octobre 88 : la liberté d’association   

  • Evènements d’octobre 88 vont bousculer de fond en comble l’ordre établi. Des associations naissent  partout dans le pays et investissent pratiquement tous les domaines d’intérêt.
  • L’administration accompagnera, en dépit des contraintes de la  loi en vigueur,  ce mouvement en facilitant les procédures de déclaration et d’enregistrement.
  • Ce qui prépare le terrain à la promulgation de la Loi 90/31 de décembre 90 qui consacre la  liberté d’association.

Le mouvement associatif prend un essor phénoménal, du moins au plan quantitatif. Tous les champs et domaines d’activité sont investis (social, caritatif, religieux, culturel, développement, environnement, droits et citoyenneté…) ; et pratiquement tous les groupes sociaux, quoique de manière assez inégale, s’y sont impliqués.

 

3- Données actuelles : 90 – 2007

 

Le contexte actuel : situation sécuritaire, état d’urgence, limitation à l’exercice des libertés, législation de fait : tassement et mouvement de décantation

  • Plus de 73.000 associations  dont plus de 1000  à caractère  national.
  • Décalage entre le nombre des associations, et l’impact produit sur la société.
  • 5000 seulement seraient actives (données du ministère de l’Intérieur).
  • Tous les domaines d’intérêt sont investis avec prédominance du « social ». Nouveaux domaines investis : Environnement, droits, égalités H/F … 

Résultats d’une étude portant sur 132 associations enquêtées

  • Dynamisme inégal au niveau des régions et grande concentration dans les grandes  villes.
  •    46% investissent le domaine social, 31% le culturel, 23% l’environnement/développement
  • 88% des associations ont été créées à partir de 1990 (dont 50% entre 2000 et 2003) contre seulement 8% pour la période antérieure.

Profils dirigeants associatifs (396 CV)

  • Age :  30 à 60  ans  =        82%
  • moins de 30  ans     = 12% 
  • de 24  ans                =  03%

Niveau d’instruction

  • Niveau universitaire  =  74 % 
  • Niveau secondaire       =  23%
  • Moyen                       =  03%
  • Primaire/analphabètes  =  01%

Genre 

  • 77% hommes contre 23% femmes
  • 55% des femmes célibataires contre 25% pour les hommes.

Professions 

Prédominance enseignants : plus de 23%, cadres (17%), employés (17%)

  • Entrepreneurs, commerçants et prof libérales plus de 16%
  • Agriculteurs, ne sont que 1,15%.

 

4- Observations et interrogations

Etat des associations

  • Précarité des ressources financières et des moyens (Apport de plus en plus grand, ces dernières années,  d’ONG, organisations et institutions trans et internationales)
  • Déficit en formation des acteurs
  • Carence dans la pratique démocratique
  • Enclavement et faible production de synergie (réseaux, plate forme, fédération…)
  • Tendance à la  professionnalisation 
  • Avantages : Efficacité et performance
  • Mais effets limitatifs sur le «don de soi», le bénévolat.

 

Tous les domaines d’intérêt sont investis avec prédominance du « social »

Domaines d’intérêt nouveaux investis: Environnement et développement et droits liées à la citoyenneté (égalité hommes/ femmes, droits de l’Homme…)

 

Associations et alter mondialisme

02 grands Types d’associations depuis notamment le début des années 80 :

    - Associations qui remettent en cause l’ordre établi

- Et celles qui y font partie même si - et c’est souvent la fonction qui leur est assignée - elles dénoncent ses excès (néolibéralisme).

Force des alter mondialistes : Force de l’utopie, idéal d’une société plus juste et plus fraternelle.

Faiblesse : Pas d’alternative même si quelques directions sont indiquées (économie solidaire, commerce équitable…) ; pas d’alternative systémique encore au capitalisme (néolibéralisme), redoutable en terme d’efficacité économique.

 Quelques caractéristiques fondamentales sur les associations

 

1- Dans une société de plus en plus fragmentée par la division du travail, l'association fédère.

2- Dans un système qui favorise l'individualisme, l'association fait sortir de chez soi. Elle est un lieu d'intégration. Elle préserve et développe le lien social.

3- Les associations sont bien plus que des organisations. Elles forment des ensembles institutionnels :

Elles créent ou revendiquent des règles, des modèles culturels, des traditions, tout en donnant ou renforçant des repères. 

4- L'association, dans les sociétés modernes (rapports marchands, et jeux de pouvoirs - argent mobile ou vecteur de l'action), suppose et engendre le don, la gratuité, l'entraide et la solidarité.

5- L'association, dans une société de plus en plus complexe et face à la force anti-démocratique de l'expertise, permet la mise en commun et le partage des connaissances.

6- Alors que s'accroît la distance entre ce qui est institué et ce qui est vécu au quotidien, l'association restitue le sens de la participation sociale et des responsabilités.

7- Face aux pouvoirs tutélaires, l'association permet aux contestataires, aux contre projets, aux propositions alternatives de prendre forme.

L'association est un vecteur essentiel du mouvement social.

8- L'association, à coté des syndicats et des partis, est un contre poids du pouvoir, nécessaire à l'équilibre démocratique.

9- L’association se caractérise par :

  • le don de soi, don de soi qui se concrétise par le don du temps ;
  • l'occupation d'un espace laissé vacant par le marché et l'État.

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