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Lors du Rassemblement de Gauche au mois de février 2014, il fut question  d'un programme d'éducation populaire. En janvier 2008, fut lancé une expérience originale en la matière " l'Université Populaire de la Citoyenneté".

Le RDD a décidé de vous livrer les pages essentielles du compte rendu de cette expérience d'éducation populaire, pour doner corps à un projet commun d'EDUCATION POPULAIRE.

Voici le premier texte du à Abdelkader Benfodda qui fut l'animateur de cette première expérience.

 

Synthèse des travaux de l’atelier

"Alter mondialisme & Citoyenneté "

par Benfodda Abdelkader

 

Le mouvement alter mondialiste mondial a fait de la Journée du 26 janvier une journée symbolique d’actions multiformes pour faire connaître les objectifs du FSM et la Charte des Principes adoptée à Porto Alegre en 2001. Dans le cadre de cette célébration, l’AFEPEC et l’UPC ont décidé d’organiser un atelier sur l’alter mondialisme et la citoyenneté, à Aïn El Turk du 30/01 au 02/02/2008.                             

Deux objectifs ont été fixés à cet atelier :

  1. Vulgariser les principes de l’alter mondialisme, montrer leur lien avec les valeurs de la citoyenneté, les faire porter par les Jeunes pour qu’ils s’en servent dans leurs actions de tous les jours, dans le but de bâtir une Algérie meilleure, dans un monde plus humain ; 
  2. Exposer le Projet UPC tel qu’il a été conçu, montrer l’originalité de cette expérience inédite d’éducation citoyenne, dans le milieu universitaire, dégager les premiers éléments de bilan avec les Jeunes de l’UPC, et aborder les perspectives d’avenir.

 

  1. Organisation

 

L’atelier s’est déroulé au Centre Inter professionnel de Formation Industrielle [CIFI] situé à Bouisseville, Aïn El Turk. L’accueil des participants s’est fait le 30 janvier à 18 h 30 ; toutes les prestations, restauration, hébergement et mise à disposition de la salle de conférence, ont été assurées par le CIFI, dans de bonnes conditions. Le retour vers Oran a eu lieu le samedi 02 février à 10 h.

38 jeunes, en tout, ont assisté, totalement ou en partie, aux conférences débat. La feuille de présence, jointe en annexe, donne une idée sur le taux de présence : 24 ont été assidus ; 6 sont venus le jeudi après midi ; 8 ont suivi partiellement les cours. 9 filles sur 38 ont été présentes à Aïn El Turk.

A noter que la présence de :

  • 3 jeunes de Tizi Ouzou, dont 1 président d’une association écologique, et 2 adhérents de la Maison des Droits de l’Homme [LADDH]
  • 2 jeunes UPC, de l’association des amis de la culture de Bejaïa
  • 1 jeune de Bordj Bou Arreridj
  • 1 jeune de Tindouf, membre de l’association Akoune de Bechar
  • 2 jeunes UPC de Tiaret, dont une fille
  • 2 jeunes UPC de Mostaganem,

et de 4 jeunes d’Oran, membres de l’association universitaire "Le Souk" d’Oran.

 

En dehors des conférences programmées, le temps libre a été bien rempli : une veillée conte le mercredi, détente musicale le jeudi soir, et un exposé sur les menaces qui pèsent sur la Planète  par Mouloud Souki, participant et président de l’association Eco-Action ?  

 

 2- Programme et thèmes abordés

.

  1. Jeudi 31 janvier, 9 : 00 – 10 : 00 : L’alter mondialisme, c’est quoi ? par M. Baghdadi Si Mohamed, du Forum Social Algérie

 

  1. Jeudi 31 janvier, 14 : 30 – 15 : 30 : L’alter mondialisme et la citoyenneté, par M Hassan Remaoun, Professeur d’histoire à l’Université d’Oran

 

  1. Vendredi 01 février, 9 : 00 – 10 : 00 : Le mouvement associatif en Algérie : Histoire et réalités actuelles, par M. Arab Izarouken, Sociologue.

 

  1. Vendredi 01 février, 14 : 30 – 15 : 30 : Le projet UPC, bilan et perspectives, par M. Abdelkader Benfodda, coordinateur du Projet.

        

3- Les thèmes abordés

 

  1. L’alter mondialisme, c’est quoi 

 

M. Baghdadi a fait un rappel sur les contes narrés, lors de la veillée du mercredi. La leçon : chaque groupe a raconté un histoire pour changer le monde, des histoires empreintes d’amour et de paix qui visent à construire un autre monde. C’est d’ailleurs le but que se fixe le FSM, depuis le Forum de Porto Alegre.

Quelques idées développées :

  • Face à la conception néo libérale de la mondialisation, fondée sur la recherche maximum du profit, au bénéfice des multinationales et du grand capital financier,
  • Opposer un mouvement de résistance mondial qui vise à construire un monde plus juste, plus humain débarrassé de la domination impérialiste.
  • Pour ce faire, s’appuyer sur la Charte des Principes de Porto Alegre, relever les différents défis qui se posent à l’humanité : solidarité contre la pauvreté, sauvegarde de la planète, justice démocratie et non violence, mobilisation de la Jeunesse,…
  • Se doter d’entités nationales, régionales, ou de branches, d’articulation des actions et d’échanges,  pour  élargir et consolider le FSM.

 

Dans le débat, une vingtaine d’interventions a permis de recenser les préoccupations des jeunes participants :

  • les espérances pour une nouvelle alternative où les valeurs humaines sont le socle pour la construction d’un autre monde ;
  • espoir et travail concret, sur le terrain, indispensables pour changer le monde ;
  • le changement dans nos comportements, dans nos modes de pensée, ne pas attendre que le changement nous tombe du Ciel : changer c’est réagir, bouger, écouter les autres, se remettre en question,…
  • débattre en toute démocratie, participer et prendre sa part aux tâches, libérer les          initiatives, faire confiance aux jeunes ;
  • éducation citoyenne, construction du Maghreb des Peuples et ouverture sur le monde.

 

A l’issue des débats, 3 groupes de travail ont été constitués :

-  Propositions pour le Forum Social Jeunes Maghrébins et préparation du Camp de la Jeunesse.

               -  Construire des Solidarités.

               -  Que faire dans mon quartier, dans mon village ?

  1. L’alter mondialisme et la citoyenneté

 

D’après M. Remaoun, on assiste de nos jours à un processus de mondialisation à grande échelle : problème non nouveau, apparu avec le développement capitaliste. Au cœur de la  mondialisation, la question de l’accumulation et de l’appropriation des richesses, du contrôle des frontières et de l’émigration, d’une part, du développement équitable et de la construction d’un monde plus juste, d’autre part. Quelle citoyenneté opposer à ces phénomènes ?

 

La conférence a permis de resituer la notion de citoyenneté durant les transformations historiques qu’a connues l’humanité. Chaque époque a façonné la citoyenneté à sa manière ; 3 étapes importantes dans l’acquisition des droits humains tels que nous les connaissons aujourd’hui dans la DUDH :

     -  Les droits civils : 17 & 18° siècle ;

     -  Les droits politiques : un moment important, la Révolution française de 1789 ;

     -  Les droits sociaux : avec les luttes du mouvement ouvrier et syndical.

 

La citoyenneté est apparue avec l’émergence de Cités / Etats dans la Grèce antique, à Athènes notamment, et la mise en œuvre de tâches d’administration : problème de sécurité et de l’utilisation de la violence légitime ; répartition des terres ; lutte contre l’esprit de clan ; versement de l’obole aux citoyens pour participation aux assemblées générales…

 

Sous l’Empire romain, élargissement de la qualité de citoyens à tous les habitants libres des provinces occupées.

Plus tard, l’apport spécifique de l’Islam à la civilisation humaine et notamment de ses penseurs, tels Ibn Rochd.

 

A la Renaissance, au 15° siècle, bouleversement économique avec la découverte et l’essor de nouvelles routes du commerce entraînant un développement de la pensée critique, une remise en cause de l’hégémonie de l’église et de l’aristocratie, l’accouchement de la République. Et pour aboutissement, ce principe indiscutable dans le monde moderne : la Raison est le vecteur essentiel de la connaissance.

 

A relever la remise aux participants d’un texte d’Apulée de Madaure, écrivain d’origine numide du 2° siècle après J.C. : un texte étonnant par l’actualité des valeurs proclamées et par sa modernité.

 

Le débat avec les jeunes a permis de préciser certaines idées :

  • la lutte entre le conservatisme et le rationalisme dans le monde musulman ;
  • l’existence d’une pensée critique dans le monde musulman mais absence de démocratie ;
  • concepts de la modernité apparues au 19° siècle : non assimilées complètement ;
  • citoyenneté perçue comme phénomène exogène : a accompagné la colonisation et l’oppression ;
  • code de l’indigénat et l’attitude adoptée par Ferhat Abbas : distinction entre la sphère spirituelle et le champ politique ;
  • formes d’expression de la solidarité : de type communautaire, ou, de type sociétal dans une société laïque.

 

  1. Le mouvement associatif en Algérie : Histoire et réalités

 

Nous donnons ici les grandes lignes de l’intervention de M. Izarouken :

 

  • La définition d’une association.
  • Les points de repères dans l’histoire du mouvement associatif en Algérie : de la période précoloniale à aujourd’hui, en passant par la loi  de 1901, les événements d’octobre 88, l’adoption de la loi 90 -31 de décembre 1990, et les restrictions à l’essor du mouvement associatif.
  • Les données dans le contexte actuel avec les domaines d’intérêt investis par les associations et le profil des dirigeants associatifs.
  • Les caractéristiques des associations, leur rapport à l’alter mondialisme, leurs forces et faiblesses, et leur apport à la construction d’une société plus humaine. 

 

Lors du débat, des compléments d’information ont été donnés ; ils ont porté sur les points suivants :

 

  • La différence de situation entre les années 1970 et les années 2000 : le prestige de l’Algérie et les nombreux chantiers ouverts, comparé à l’absence de perspectives, aujourd’hui.
  • L’émergence, partout dans le monde, de valeurs à dimension universelle : critères de la modernité ; gestion du temps ; combat pour la démocratie ;  autonomisation de l’individu au sein d’une société civile toujours plus dynamique.
  • La comparaison du degré d’efficacité des associations dans les 3 pays du Maghreb ; le rôle d’amortisseur des ONG dans un monde globalisé laissant en marge du développement des centaines de millions d’hommes.
  • Le besoin de réfléchir globalement et d’agir localement.

 

  1. L’Université Populaire de la Citoyenneté

 

Le projet UPC a été exposé par data show :

 

  • En 1ère partie : conditions de naissance de l’UPC ; analyse du contexte ; fixation des objectifs généraux et spécifiques ; résultats attendus ; activités développées et moyens alloués ; budget de fonctionnement.

 

  • En 2° partie : bilan des 2 sessions ; évaluation des résultats obtenus ; perspectives.

 

Le débat a porté essentiellement sur le devenir de l’UPC. Les jeunes ont insisté sur le besoin de créer en urgence une association chargée de porter le projet, afin que l’expérience ne s’arrête pas. Des mesures ont été retenues pour que le blocage des formalités administratives soit contourné, et que les démarches pour l’obtention de l’agrément soient entamées en toute priorité.

 

S’agissant des activités à mener jusqu’à fin février, date de clôture officielle du projet, il a été suggéré de terminer l’atelier sur la formulation de projets, de discuter avec les animatrices Nadira et Chahida l’idée de formation de médiateurs, la duplication de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, l’acquisition de livres et de fonds documentaires dans la perspective de création d’un café littéraire.

 

 Et sur le plan de l’organisation, de mettre en place des commissions de travail sur les différents thèmes qui préoccupent les jeunes : culture et loisirs ; patrimoine et environnement ; santé ; citoyenneté.                                   Oran le 17 février 2008

Le coordinateur du projet UPC,

 

                                                      A. Benfodda   

 

 

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