Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog


 

De notre envoyé spécial à Boumerdès, Kamel Amarni


C'est désormais à visage découvert que Abdelmalek Sellal mène campagne pour la réélection de Abdelaziz Bouteflika.
Après avoir annoncé, lui-même samedi dernier la candidature de l'actuel locataire d'El-Mouradia, à partir d'Oran, celui qui devra conduire la direction de campagne du «candidat officiel» s'était rendu, hier mercredi, à Boumerdès en tant que Premier ministre. Comme partout auparavant, il n'était question que de la promotion du bilan de Bouteflika et, bien sûr, de «vendre» le quatrième mandat. «D'aucuns nous reprochent : mais pourquoi vous liez toujours la stabilité avec cet homme-là (Bouteflika, ndlr) ?» commençait par dire le Premier ministre lors de sa traditionnelle rencontre avec “les représentants de la société civile”. Et de répondre, comme d'habitude : «Rappelez-vous bien, en 1999, à l'occasion de ma première visite officielle ici à Boumerdès, en tant que ministre de l'Intérieur à l'époque. Je suis venu faire la promotion de la concorde civile à l'époque et j'avais en face, dans la salle, y compris des terroristes.» N'ignorant pas que cette région abrite encore quelques poches terroristes, Sellal lancera : «Je saisis cette occasion d'ailleurs pour lancer, à partir d'ici, à une poignée qui sévit encore, que la main de la réconciliation reste tendue.»

 


Il faut dire que Sellal parle surtout en sa qualité de directeur de campagne, même encore «officieux». C'est également le cas lorsqu'il fera deux promesses, l'une à destination «locale» et l'autre d'ordre national. La première concerne cet épineux problème des chalets, ce problème qui empoisonne des centaines de familles dans cette wilaya depuis le sinistre tremblement de terre de mai 2003. C'est simple : «Nous ne voulons plus en entendre parler», résumera Sellal qui rèvèle : «Nous avons donné instruction au wali pour en finir définitivement avec ce problème en lançant, dans les trois mois, au maximum tous les chantiers à même de permettre le relogement de tous les concernés et effacer définitivement, toute trace de ce drame.» Sur un autre plan, d'ordre national, Sellal évoquera la colère des lycéens de ces derniers jours. «Je saisis cette occasion, d'ici, de cette wilaya universitaire, pour m'adresser à nos lycéens. Il y a une certaine agitation ces derniers jours. Soit. Mais je tiens, de manière officielle, à rassurer nos enfants : les grèves qui ont frappé le secteur n'auront absolument aucune conséquence sur votre scolarité. J'en ai parlé au ministre de l'Education nationale. Et je vous le réaffirme encore une fois, il n'y aura aucune conséquence ni sur votre cursus, ni sur vos congés, ni les séances de rattrapage, ni sur les examens. D'ailleurs, même s'agissant des examens, j'invite tous les syndicats à ouvrir un dialogue serein.»
Ce faisant, Sellal désavoue clairement son ministre de l'Education dont la dernière circulaire suggérait pratiquement autre chose.
Ceci dit, il est évident que le pouvoir, qui a officiellement lancé sa machine électorale et électoraliste, ne peut en aucun cas se permettre une quelconque «agitation sociale» en cette période si cruciale.
K. A.


 
 
Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2014/02/27/article.php?sid=161004&cid=2

Partager cet article

Repost 0