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Extrait du journal LE POINT

Un casting discutable

Mais rien n'est dans l'ordre des choses avec Trump. C'est d'ailleurs ce qui a fait son succès à la présidentielle. Et le choix des hommes et femmes qu'il a désignés pour faire partie de son gouvernement continue à obéir à cette logique. On n'a par exemple jamais vu autant de milliardaires participer à une équipe gouvernementale. Ni d'ailleurs autant de généraux. Le problème est que ces hommes qui ont pour la plupart l'habitude du pouvoir économique n'ont pas un sens inné des procédures et garde-fous démocratiques. Et peu de goût pour prendre leurs distances avec des affaires qui les ont faits rois.

Or, avant même le passage devant les différentes commissions, les ministres désignés doivent avoir rempli des dossiers de renseignements sur leur situation personnelle, leurs avoirs, la façon dont ils ont coupé les ponts avec leur business s'ils sont chefs d'entreprise, leurs liens avec des pays ou des sociétés étrangères. Tous ces renseignements doivent être remis, avant leur comparution devant les sénateurs, à un organisme fédéral, le bureau d'éthique gouvernemental, l'OGE (Office of Government Ethics).

Ce n'était pas encore le cas samedi et le directeur de l'OGE Walter M. Shaub a rendu publique une lettre adressée à l'équipe du président et au leader de la majorité républicaine au Sénat Mitch Mac Connell. « J'ai des doutes sur la possibilité que les auditions se tiennent comme prévu, a-t-il averti, car la plupart des ministres désignés n'ont pas renvoyé leur questionnaire. »

C'est gênant car entre mardi et mercredi, ils sont sept à devoir affronter, dans des salles où le public s'entasse, et devant les caméras de toutes les chaînes d'information, un panel de sénateurs. C'est, dès mardi 10, le sénateur Jeff Sessions, nommé à la justice, qui ouvre en principe le bal des « hearings ». Dès sa comparution, si le bureau d'éthique donne son accord, les choix, souvent discutables ou du moins surprenants, de Donald Trump vont être soumis à l'épreuve du feu. Le sénateur Sessions est en effet l'un des membres les plus conservateurs du Sénat. Le futur ministre de la Justice s'est toujours déclaré hostile à l'avortement et au mariage homosexuel et a milité contre une loi qui tentait de régulariser certains sans-papiers.

Népotisme à la Maison-Blanche

Mais il ne s'agit là que d'un hors-d'œuvre, car le lendemain, ce sont des nominations plus controversées encore qui vont avoir lieu au Sénat : celle du PDG d'Exxon, Rex Tillerson. Il était déjà soupçonné de sympathies excessives à l'égard de Poutine qui l'a décoré de l'Ordre de l'amitié. On vient d'apprendre qu'il avait conclu en 2011 un accord d'exploration pétrolière avec les Kurdes alors que le Département d'État, lui, demandait de n'en rien faire pour ne pas affaiblir le pouvoir central à Bagdad.

Quant au général James N. Mattis, dont Trump voudrait faire son ministre de la Défense, il avait proposé au président Obama, à l'été 2011, alors qu'il était commandant en chef des forces américaines au Proche-Orient, de faire une frappe aérienne de représailles sur l'Iran, pour punir les Iraniens de livrer des armes aux terroristes qui en faisaient voir de toutes les couleurs à l'armée américaine.

Et s'il n'y avait que les « hearings » devant le Sénat qui pouvaient poser problème. Il y a encore le statut de ceux qui ne sont pas assujettis à cet examen mais vont, en tant que conseillers personnels du président, entrer à la Maison-Blanche : le cas le plus controversé est celui de Jared Kushner, 35 ans, le gendre de Trump et le mari d'Ivanka, la fille du président. Il va en devenir le conseiller spécial, tandis qu'Ivanka rentrerait elle aussi au Cabinet. La presse américaine et de nombreux députés et sénateurs, même au sein du Parti républicain, parlent déjà de népotisme.

Donald Trump apparemment n'en a cure. C'est ce qu'il redira sans doute jeudi lors de sa première conférence de presse de président.

 
 

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