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Ce qui fait courir les ministres-candidats

 
Le Premier ministre Abdelmalek Sellal. © Yahia Magha/Archives Liberté
 
 
 

Que se passe-t-il dans la tête des décideurs ? De l'autre côté de l'échiquier politique, au-delà de certaines préoccupations pragmatiques, c’est, semble-t-il, la prochaine présidentielle de 2019 qui est, très certainement, en ligne de mire.

Les rumeurs vont bon train ! Depuis quelques jours, les noms de plusieurs ministres-candidats aux prochaines législatives du 4 mai prochain sont distillés par la presse. La plupart d’entre eux affichent aujourd’hui une appartenance de stricte obédience au FLN.
À ce sujet, on parle beaucoup, en effet, de la participation du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, comme probable candidat aux prochaines élections législatives. Il se murmure même qu’il devrait démissionner incessamment de son poste. “Mais pourquoi Sellal prendrait-il ce risque qui, en réalité, n’en est pas un ? Pas si fou que ça Sellal, il part en position de favori”, croit savoir une source proche du sérail pour qui la prochaine échéance permettra d’abord aux clans et aux factions du pouvoir de se repositionner dans la perspective de 2019. “Il est vrai qu’on ne peut pas dire que Sellal ait été, au cours de sa longue carrière, d’une grande perspicacité. L’énarque avait les moyens de se présenter bien plus tôt. Mais il ne l’a pas fait. Il a fallu que la nouvelle Constitution induise quelques changements en termes d'équilibres de pouvoir et de majorité parlementaire pour que l'actuel Premier ministre se découvre une âme de militant politique. Cette candidature aurait l'avantage de lui offrir un poste prestigieux et une place de choix en tant que nouvel élu de la majorité. Peut-être même le perchoir de l’APN”, suppute notre source.
Enfin, l'originalité de ces candidatures est due essentiellement au fait que la plupart de ces ministres n'ont jamais exercé le moindre mandat électif. Ce qui annonce inéluctablement, pour notre source, “une nouvelle répartition des postes politiques stratégiques”.  Est-il possible, en effet, d'imaginer de telles candidatures sans l'adoubement du président Bouteflika ? Toujours est-il que les membres du gouvernement, dont les noms ont été cités, ont tous fait preuve, chacun dans son poste respectif, d’un sens de la discipline parfaitement remarquable.

2019 dans les esprits, déjà !
Que se passe-t-il dans la tête des décideurs ? De l'autre côté de l'échiquier politique, au-delà de certaines préoccupations pragmatiques, c’est, semble-t-il, la prochaine présidentielle de 2019 qui est, très certainement, en ligne de mire. Car comment expliquer qu’à presque soixante-dix ans est venue l'idée saugrenue à certains de ces prétendants de se lancer, pour la première fois, dans une aventure électorale ? Pourquoi prendraient-ils le risque de perdre leurs maroquins au gouvernement à l’occasion de cette élection ? Dans ce partage du gâteau, il y aura inévitablement de grands perdants comme certains députés-sortants qui sont, d’ores et déjà, déclarés persona non grata car traînant trop de casseroles.
Ces derniers, phagocytés par leurs mentors respectifs, seront les prochains frustrés dans la sphère du pouvoir. Certains risquent même de connaître bientôt une véritable descente aux enfers. C’est dire l’enjeu… Pour le FLN, l'instant est tout aussi déterminant pour éviter d’être relégué au musée, comme le souhaitent ardemment de larges pans de la société.
La survie de l'ex-parti unique est donc en question. Son avenir même serait intimement lié aux prochaines législatives. L'appareil est d'ailleurs toujours aussi divisé. Il va sans dire qu’à l’échelle locale, ces “têtes de liste parachutées” pourraient semer la zizanie parmi les 6 200 candidats du FLN qui ont déposé leurs dossiers de candidature, dans les délais, au niveau de leurs kasmas. Le nouveau secrétaire général du FLN, qui se targue d’une “transparence” sans précédent dans le processus de sélection, pourrait découvrir à ses dépens une protesta à venir à la suite de ces désignations.


Mohamed-Chérif Lachichi

Tag(s) : #Vie politique

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